Des parents auraient commis des violences sur leurs deux enfants durant près de trois ans, dans le huis clos de la maison familial près d’Angers. Jusqu’à ce que l’aînée de la famille en parle à l’infirmière scolaire de son collège. Ce qui a déclenché une enquête. Les parents ont été jugés devant le tribunal correctionnel d’Angers, ce mardi 6 octobre 2026.

Tout commence en 2023. À l’infirmerie de son établissement scolaire, l’aînée de la famille, alors âgé de 16 ans, se confie. L’adolescente raconte avoir reçu des coups de la part de ses parents, notamment au niveau de l’œil, mais aussi des claques et des fessées. Elle évoque également des douches froides auxquelles Elle aurait été contrainte lorsqu’elle était en colère.
À ses côtés, son petit frère, âgé de 7 ans, aurait lui aussi été régulièrement victime de fessées. Ce mardi 6 octobre , devant le tribunal correctionnel d’Angers, les deux parents comparaissaient pour répondre de ces violences, qui se seraient inscrites dans la durée, pendant près de trois ans.
À la barre, le couple semble anéanti. Les deux parents peinent à comprendre comment ils ont pu en arriver là. Leur avocat tente de les confronter à la portée pénale de leurs gestes. « Est-ce que vous saviez que donner une claque pouvait engager votre responsabilité pénale ? », demande la défense au père. « Non », répond catégoriquement celui-ci.
Dans le box, le couple ne cherche pas à nier les gestes qui lui sont reprochés. La mère tente surtout d’expliquer comment la situation familiale a progressivement échappé à son contrôle.
Elle raconte les difficultés rencontrées avec sa fille adolescente, ses résultats scolaires en baisse et surtout l’omniprésence du téléphone portable. Selon elle, l’adolescente pouvait passer entre dix et douze heures par jour sur son téléphone. Lorsque ses parents tentaient de lui retirer l’appareil, elle entrait dans de violentes colères.
« Elle était en furie », explique la mère. Dans ces moments-là, elle dit avoir cherché un moyen de faire retomber la crise. Jusqu’à utiliser la douche froide pour tenter de calmer sa fille. Des gestes inappropriés qui, répétés, auraient installé un véritable climat de violence au sein du foyer.
« J’étais débordée par la situation. On fait pourtant tout pour le bonheur de nos enfants », assure la mère, très émue. Depuis la révélation des faits, elle dit ne plus cesser de penser à ce qu’elle considère comme une terrible erreur.
Un cycle de violence au sein de la famille
Mais cette prise de conscience ne suffit pas à convaincre le ministère public de la gravité limitée des faits. Pour le procureur, il s’agit au contraire d’un véritable « cycle de violence » installé dans cette famille.
« Des faits violents qui engendrent de la violence », résume le magistrat, avant de rappeler que « le rôle des parents n’est pas de répondre par la violence ».
Le parquet requiert huit mois d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de chacun des parents, assortis d’un stage de responsabilité parentale. Il demande également leur inscription au fichier B2 du casier judiciaire.
Pour l’avocate des enfants, l’audience doit surtout mettre un terme à ce qui aurait été, pendant plusieurs années, des violences devenues quotidiennes. La révélation faite à l’infirmière scolaire en 2023 aura finalement permis de faire sortir ces faits du huis clos familial.
Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel d’Angers condamne finalement les deux parents à trois mois d’emprisonnement avec sursis. Le couple bénéficie en revanche d’une dispense d’inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire.