
Placée en redressement judiciaire le 22 septembre 2026, l’association Audacia traverse une grave crise financière. En Charente, où elle héberge des personnes en attente de régularisation à Confolens et Ruffec, 13 salariés sont concernés. Entre trésorerie sous tension, inquiétudes sur les salaires et accompagnement de centaines de personnes, l’organisation espère désormais un soutien de l’État pour poursuivre ses missions.
Une situation financière devenue critique
L’association Audacia, dont le siège se trouve à Poitiers, a été placée en redressement judiciaire le 22 septembre, à la demande de son président, Bernard Cornu. Cette procédure doit lui permettre de gagner du temps pour tenter de rétablir ses finances et assurer la continuité de ses activités.
En Charente, l’association gère deux dispositifs d’accueil. À Confolens, la résidence de la Commanderie héberge une cinquantaine de personnes. À Ruffec, 108 personnes sont logées dans des logements loués par Audacia, dans l’attente de régulariser leur situation administrative.
Au total, 13 salariés travaillent en Charente pour l’association. Leur avenir professionnel, comme celui des personnes accueillies, suscite de fortes inquiétudes.
La situation s’est particulièrement tendue en septembre, lorsque l’association n’était plus en mesure d’assurer normalement le paiement des rémunérations. Selon Charente Libre, une première partie des salaires a finalement été versée le 5 octobre. Le mardi 6 octobre, une soixantaine de salariés ont également débrayé pendant deux heures devant le siège de Poitiers pour faire entendre leurs inquiétudes.
Une association fragilisée par plusieurs années de déficit
Créée il y a 63 ans, Audacia emploie aujourd’hui 228 salariés répartis dans 17 établissements médico-sociaux en Charente, dans la Vienne, les Deux-Sèvres et la Haute-Vienne. Chaque année, environ 4 000 personnes sont accompagnées, parmi lesquelles des demandeurs d’asile, des familles en difficulté et des personnes isolées ou fragiles.
Les difficultés financières se sont installées sur plusieurs années. La crise sanitaire, puis la hausse des coûts de l’énergie, ont contribué à fragiliser les comptes. Pour réduire ses dépenses, l’association s’est déjà séparée de trois Ehpad et d’une résidence autonomie.
Malgré ces décisions, sa trésorerie reste très tendue. Environ 80 % de ses financements proviennent de l’État, ce qui rend son équilibre dépendant des financements publics et du calendrier de leur versement.
Le président de l’association espère que le redressement judiciaire permettra de trouver une issue. L’objectif est de revenir à l’équilibre en 2027, même si les responsables estiment plus prudemment que 2028 pourrait être nécessaire. Une nouvelle audience devant le tribunal est prévue le 16 novembre 2026.
À Confolens et Ruffec, des liens tissés avec le territoire
Au-delà des difficultés comptables, l’avenir d’Audacia inquiète les élus locaux. Les structures d’accueil ne se limitent pas à fournir un logement temporaire : elles participent aussi à l’accompagnement social et à la vie locale.
À Ruffec, le maire Thierry Bastier souligne les parcours de personnes accueillies qui ont ensuite trouvé un emploi dans la commune, notamment chez des artisans ou dans des entreprises locales. Certaines sont même restées sur le territoire après la fin de leur hébergement.
À Confolens, Benoît Savy, président de la communauté de communes de Charente Limousine, met lui aussi en avant le travail réalisé par l’association et les liens construits avec les habitants, notamment à travers des animations et le festival local.
Ces témoignages soulignent l’enjeu d’une éventuelle disparition ou réduction des activités d’Audacia : au-delà des postes salariés, ce sont des solutions d’hébergement, des parcours d’insertion et un accompagnement de proximité qui pourraient être fragilisés.
L’État attendu pour éviter une rupture
Pour Bernard Cornu, la continuité des financements publics est déterminante. Le président rappelle que l’association a toujours entretenu une relation de confiance avec l’État et espère qu’une aide permettra de franchir cette période difficile.
Le redressement judiciaire ouvre une période pendant laquelle Audacia doit tenter de stabiliser ses comptes et préserver ses missions. Mais le temps presse, alors que la trésorerie demeure fragile et que les salariés attendent des garanties.
À Confolens comme à Ruffec, l’enjeu est désormais de savoir si l’association pourra poursuivre son accompagnement sans rupture pour les personnes hébergées et les équipes qui les suivent.
en partenariat avec REGIEPRO


