Accusé de viols et de violences sur trois jeunes femmes, un ancien employé de restauration du Maine-et-Loire reste en détention

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a ordonné, ce vendredi 16 octobre 2026, la prolongation exceptionnelle de la détention provisoire d’un ancien employé de restauration de Cholet (Maine-et-Loire). Âgé de 23 ans, le jeune homme doit être jugé début novembre devant la cour d’assises de Loire-Atlantique pour des faits de viol et de violences visant trois jeunes femmes. Incarcéré depuis septembre 2023, il a déjà été condamné pour un viol commis alors qu’il était mineur.

Illustration. Crédit Police Nationale de Maine-et-Loire

Reconnu travailleur handicapé en raison de troubles du comportement, le jeune homme a connu plusieurs hospitalisations en psychiatrie. En mars 2019, il avait commis un viol sur une adolescente de son foyer, pour lequel la cour d’assises des mineurs l’avait condamné à trois ans de prison avec sursis.

Une relation marquée par des violences et des rapports sexuels non consentis

L’affaire actuelle a notamment pris une nouvelle dimension le 5 octobre 2022. Ce jour-là, une éducatrice d’un foyer de Saint-Sébastien-sur-Loire, en Loire-Atlantique, s’est présentée à la gendarmerie de Vertou après avoir recueilli les confidences d’une jeune femme mineure accueillie dans l’établissement. Celle-ci lui avait raconté les violences qu’elle disait subir de la part de son compagnon, qui occupait son logement.

La jeune femme avait notamment expliqué avoir été plaquée contre un mur et avoir reçu une fourchette dans le bras. Elle décrivait une relation ponctuée de crises de jalousie, de séparations et de comportements violents. Son compagnon la dénigrait régulièrement et menaçait de se mutiler avec un couteau devant elle.

« Il arrête lorsque je me mets à pleurer », avait-elle expliqué aux enquêteurs. La plaignante avait également fait état d’une trentaine de rapports sexuels qu’elle disait ne pas avoir consentis. Certains se seraient produits pendant son sommeil ou après la consommation de stupéfiants.

Deux autres jeunes femmes ont ensuite déposé plainte pour des faits similaires. Des faits qui auraient notamment eu lieu à Clermont-Ferrand et à Nantes ont été évoqués lors de l’audience, sans davantage de précisions à ce stade de la procédure.

Le suspect reconnaît sa jalousie, mais conteste avoir compris l’absence de consentement

Placé en garde à vue le 25 septembre 2023, l’ancien employé de restauration a reconnu avoir été possessif et jaloux envers son ancienne compagne. Il a expliqué son comportement par une période difficile, marquée notamment par l’absence de traitement médical et une situation de précarité au cours de laquelle il se retrouvait à la rue.

Lors d’une précédente audience devant la chambre de l’instruction, les enquêteurs avaient rapporté des comportements agressifs : il pouvait crier, insulter sa compagne, frapper dans les murs, la pousser ou la bousculer. Le mis en cause affirmait toutefois ne pas avoir compris qu’elle ne consentait pas aux rapports sexuels.

L’expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de l’instruction a conclu à une altération moyenne de son état mental. Le jeune homme présente des troubles psychiatriques, notamment décrits comme assimilés à de l’autisme. Ces éléments ont été examinés dans le cadre de la procédure, sans faire disparaître les accusations portées contre lui.

Un procès prévu début novembre après une prolongation exceptionnelle de la détention

Le 15 octobre 2025, le jeune homme a été renvoyé devant la cour d’assises de Loire-Atlantique pour viol et violences par conjoint. Son procès doit se tenir pendant quatre jours, au début du mois de novembre 2026.

Mais l’audience n’a pas pu être organisée dans les délais légaux, en raison de l’engorgement des juridictions criminelles du département. Le parquet a donc demandé, jeudi 15 octobre, à la chambre de l’instruction de Rennes de prolonger exceptionnellement sa détention provisoire jusqu’à la tenue du procès.

L’avocat général a notamment invoqué le risque de pressions sur les victimes et celui d’une réitération des faits. Il s’est appuyé sur les conclusions des experts, qui décrivent un jeune homme considéré comme dangereux sur les plans psychiatrique et psychologique.

De son côté, l’avocat du mis en cause a indiqué que son client ne s’opposait pas à son maintien en détention. La chambre de l’instruction a finalement ordonné la prolongation exceptionnelle de cette mesure, dans l’attente du procès prévu début novembre.

Le jeune homme reste présumé innocent des faits pour lesquels il doit prochainement être jugé.

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