50 000 arrêts cardiaques par an : À Angers, un défi géant pour apprendre les gestes qui sauvent

À l’occasion de la Journée mondiale de l’arrêt cardiaque, ce vendredi 16 octobre 2026, les 103 Centres d’enseignement des soins d’urgence (CESU) de France ont lancé un défi inédit : réaliser un million de compressions thoraciques comptabilisées en direct sur un compteur national. À Angers, le CESU 49 a largement contribué à cet effort collectif en accueillant le grand public au centre de simulation en santé du CHU.
Entourés de mannequins d’entraînement et de défibrillateurs, les soignants formateurs ont reçu les plus curieux de 8 h 30 à 17 h 30 pour les initier aux gestes essentiels de réanimation et lever les tabous sur l’arrêt cardiorespiratoire.
Un enjeu majeur de santé publique
En France, plus de 50 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année hors de l’hôpital, et seuls 5 % des victimes survivent un mois plus tard. La survie se joue pourtant dans les toutes premières minutes, bien avant l’arrivée des secours : un témoin sur deux seulement ose commencer le massage cardiaque dans l’Hexagone, contre trois sur quatre au Danemark, où la population est largement formée.
« Les citoyens sont les premiers maillons de la chaîne. S’ils n’agissent pas immédiatement, cela ne sert à rien de déployer de grands moyens par la suite. La reconnaissance précoce de l’arrêt cardiaque, c’est ce qui sauve des vies », insiste Céline, infirmière au CHU d’Angers.
« Un mauvais massage vaut mieux que ne rien faire »
Pour désamorcer la peur de mal faire, les formateurs ont proposé aux visiteurs des sessions pratiques de deux à trois minutes sur des mannequins pédagogiques équipés d’un système lumineux simulant l’oxygénation du sang. « Il ne faut pas se poser de questions : un mauvais massage est toujours préférable à l’inaction », rappelaient les soignants sur place.
Au rythme recommandé de 100 à 120 compressions par minute, chaque participant a pu ajouter sa pierre à l’édifice soit environ 330 compressions en trois minutes par personne. Un exercice salué par les participants : « On voulait voir comment cela se passait. C’était la première fois que l’on pratiquait un massage cardiaque. C’est toujours utile et il est vrai qu’en France, on ne se forme pas assez par rapport à d’autres pays », confiaient Frédéric et Florian, venus tester le dispositif.
Reconnaître, alerter, masser, défibriller
L’événement a également permis de rappeler l’importance des défibrillateurs automatisés externes (DAE), installés dans les espaces publics comme les stations de tramway ou près des mairies. « L’appareil est très simple d’utilisation, un enfant pourrait s’en servir. Il suffit d’écouter et de suivre les consignes vocales », soulignait Céline.
À l’échelle nationale, le défi s’est conclu sur un franc succès avec 1 383 963 compressions thoraciques enregistrées au total. Le CESU 49 d’Angers s’est particulièrement illustré en décrochant la première place nationale grâce aux 134 018 compressions réalisées dans ses locaux au cours de la journée.
Aidan Bossard
en partenariat avec REGIEPRO


