Manifestation à Angers : 10 000 personnes au plus fort, le centre-ville sous tension
La mobilisation du samedi 17 octobre a rassemblé jusqu’à 10 000 manifestants à Angers, selon les services de l’État. Partie du jardin du Mail dans la matinée, elle a réuni des Gilets jaunes, des lycéens, des étudiants et des militants de différents horizons autour du pouvoir d’achat et de la vie chère. Mais l’après-midi a été marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre, des tirs de gaz lacrymogènes et des dégradations dans le centre-ville. En fin de journée, des manifestants se sont rassemblés autour du commissariat.

Un premier cortège dès 9 heures au jardin du Mail
La mobilisation a débuté dès 9 heures au jardin du Mail, à Angers. Un premier cortège s’est rapidement formé avant de prendre la direction des voies sur berge. Vers 10 h 30, les manifestants se trouvaient à hauteur du carrefour Saint-Serge.
Dans les rues, plusieurs mouvements étaient représentés : Gilets jaunes, lycéens, étudiants, militants antifascistes et manifestants syndiqués ou non. Cette journée devait symboliser la convergence des luttes, avec des revendications portant notamment sur la vie chère, la hausse des prix des carburants, le pouvoir d’achat et les moyens accordés à l’Éducation nationale.
La CGT de Maine-et-Loire avait annoncé son soutien aux mobilisations citoyennes et de la jeunesse, tout en précisant ne pas être organisatrice du rassemblement. La FSU 49 figurait également parmi les soutiens annoncés.
Après les premiers rassemblements du matin, un nouveau rendez-vous était fixé à 13 heures au jardin du Mail. Le cortège a ensuite emprunté le boulevard du Roi-René avant de rejoindre les voies sur berge, fermées à la circulation à partir de 13 h 30.
Des affrontements et des tirs de gaz lacrymogènes
Les premières tensions sont apparues en fin de matinée. Vers 11 h 15, des grenades lacrymogènes ont explosé à proximité du centre des congrès. Les forces de l’ordre ont ensuite bloqué l’accès à la place Imbach et à certains secteurs proches de la gare.
Vers 12 h 15, des affrontements ont opposé des manifestants aux policiers dans le secteur de la rue du Haras. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour repousser la foule vers le boulevard Foch. Une interpellation a également été signalée au cours de cette séquence.
Des feux de poubelles ont été allumés boulevard Foch. Les pompiers sont intervenus pour les éteindre, tandis que plusieurs abribus étaient dégradés.
Abribus brisés et vitrines endommagées dans le centre-ville
À la mi-journée, le cortège a poursuivi sa progression dans le centre d’Angers. Plusieurs abribus ont été brisés boulevard Foch et des poubelles incendiées. Certains manifestants ont tenté de s’interposer pour empêcher des individus de dégrader le mobilier urbain.
Le magasin Foot Locker, rue Saint-Aubin, avait barricadé ses vitrines avant la manifestation. Les policiers sont intervenus rue Voltaire pour repousser des individus qui envisageaient de s’en prendre à l’enseigne. De nouveaux tirs de gaz lacrymogènes ont été effectués.
Les Halles Cœur de Maine ont également été touchées. Une vitre a été brisée et un tag visant les Blancs de l’Ouest a été inscrit sur place. Dans le même secteur, des manifestants ont tenté de rejoindre les Halles Biltoki, tandis que les forces de l’ordre cherchaient à contenir les mouvements du cortège.
L’esplanade Cœur de Maine sous les gaz lacrymogènes
En début d’après-midi, la tension est restée vive sur l’esplanade Cœur de Maine. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pendant plusieurs minutes pour disperser des manifestants. Les fumées ont envahi le secteur alors que les policiers tentaient de reprendre le contrôle de la situation.
La journée a toutefois connu des moments plus calmes. Rue Chaussée-Saint-Pierre, des chants ont rythmé un rassemblement dans une ambiance de communion entre manifestants. Ces séquences de revendication se sont déroulées parallèlement aux tensions observées dans d’autres secteurs du centre-ville.
L’hôtel de ville vandalisé, une tentative d’incendie à la préfecture
Vers 15 h 39, l’hôtel de ville d’Angers a été vandalisé au passage des manifestants avec des écrans cassés à l’entrée de l’Hôtel de Ville.
Peu après, des individus ont tenté d’incendier les boîtes aux lettres de la préfecture, où un début d’intrusion a été signalé. Ces incidents ont ajouté les bâtiments publics aux lieux touchés par les dégradations depuis le début de la journée.
Dans le centre-ville, les forces de l’ordre ont continué à intervenir pour contenir les mouvements de certains groupes et disperser les individus impliqués dans les affrontements.
Le commissariat encerclé en fin de journée
À 17 h 56, des manifestants s’étaient rassemblés autour du commissariat d’Angers. La situation était tendue aux abords du bâtiment.
Cette fin de journée a prolongé les épisodes de tension observés depuis la fin de matinée. Les incidents ont alterné avec des rassemblements plus calmes, alors que le cortège avait réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de la ville.
Jusqu’à 10 000 manifestants selon les services de l’État
La participation a été importante dans la capitale angevine. Les services de l’État ont évalué à 10 000 le nombre de manifestants au plus fort du rassemblement dans la ville.
La mobilisation a réuni des participants aux profils variés autour de préoccupations communes : pouvoir d’achat, prix des carburants, vie chère et moyens accordés à l’éducation. La présence conjointe de Gilets jaunes, de lycéens, d’étudiants et de soutiens syndicaux a donné corps à l’objectif de convergence des luttes.
Mais les affrontements, les tirs de gaz lacrymogènes et les dégradations ont profondément marqué cette journée du 17 octobre à Angers.
en partenariat avec REGIEPRO


