
Malgré le récent avis défavorable émis par la préfecture, la ville de Saint-Lô ne renonce pas à son ambition d’accueillir un établissement de jeux. L’équipe municipale étudie actuellement un nouveau montage administratif visant à solliciter une dérogation légale en s’associant avec une société de courses hippiques voisine afin de surmonter les obstacles juridiques actuels.
Une interprétation législative contestée par la ville
Le blocage actuel trouve son origine dans l’application de la loi du 14 décembre 2023, initialement conçue pour réduire les inégalités territoriales. Si ce texte autorise l’implantation de casinos dans les communes abritant un haras national et organisant de grands événements équestres, les services de l’État exigent également que la ville abrite le siège d’une société de courses hippiques au premier janvier 2023. Or, la structure saint-loise a fusionné avec celle d’Agon-Coutainville à la fin des années quatre-vingt. La municipalité conteste cette lecture cumulative des critères, soulignant une rédaction ambiguë de la législation et s’appuyant sur l’exemple de Saumur, qui a pu valider son propre projet d’infrastructure de jeux sans posséder de société de courses locale.
Un partenariat envisagé avec la commune de Graignes
Pour contourner cet obstacle administratif, la majorité municipale dessine les contours d’une nouvelle approche à long terme. L’objectif premier consiste à trouver un consensus politique au sein du conseil municipal, en évaluant objectivement les retombées économiques face aux risques liés à l’addiction. Une fois cet accord interne acté, la ville prévoit de déposer une demande formelle de dérogation en s’appuyant sur la société de courses de Graignes, située à proximité immédiate. La rédaction d’un cahier des charges rigoureux accompagnera cette démarche, qui devrait s’étendre jusqu’au début de la prochaine mandature. En attendant, les élus locaux concentrent leurs efforts immédiats sur les enjeux de sécurité publique, à la suite d’une récente série d’incendies de véhicules ayant touché l’agglomération et la commune limitrophe d’Agneaux.
Une implantation périphérique privilégiée au détriment du centre historique
La relance de ce dossier s’accompagne d’une clarification expresse concernant la localisation de la future infrastructure. La municipalité a formellement écarté l’hypothèse d’une installation au sein de l’ancienne Banque de France. L’avenir de cet édifice historique de la rue Jean-Duvois, inoccupé depuis l’automne 2021, fera d’ailleurs l’objet de discussions spécifiques lors de la prochaine séance du conseil municipal. Suivant le modèle de plusieurs stations balnéaires normandes, l’exécutif local privilégie désormais une implantation en périphérie du centre-ville, une option jugée indispensable pour garantir une capacité de stationnement adaptée à l’afflux potentiel de clientèle.
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