Manifestation à Angers : deux mineurs blessés, au moins 20 interpellations après une mobilisation de 5 000 personnes

La journée du samedi 31 octobre avait commencé par une mobilisation massive dans les rues d’Angers. À partir de 14 heures, quelque 5 000 personnes ont défilé autour de l’hypercentre pour faire entendre leurs revendications. Mais au fil des heures, l’atmosphère s’est dégradée. Des groupes vêtus de noir ont multiplié les affrontements avec les forces de l’ordre, une vitrine de bar a été prise pour cible et des gaz lacrymogènes ont été utilisés à proximité des Halles Biltoki. Deux mineurs ont été blessés. Au moins vingt personnes ont été interpellées.
À 14 heures, Angers a vu ses rues se remplir. Ils étaient environ 5 000 à prendre part à la manifestation organisée ce samedi 31 octobre. Un cortège imposant, qui a déambulé autour du centre-ville avec une volonté commune : faire entendre des revendications dans l’espace public.
Durant une bonne partie de l’après-midi, la mobilisation s’est déroulée sans incident majeur pour l’immense majorité des participants. Une réalité que la préfecture elle-même souligne dans son bilan : « L’immense majorité des manifestants a fait valoir ses revendications de manière visible et pacifique. »
Mais derrière ce cortège, une autre séquence s’est progressivement installée. À distance ou aux abords de la manifestation, “plusieurs centaines d’individus vêtus de noir ont tenté à plusieurs reprises de contourner le dispositif de sécurité mis en place autour de l’hypercentre.”
Une manifestation qui bascule dans les affrontements
Les forces de l’ordre, déployées en nombre, ont dû faire face à des groupes qui cherchaient régulièrement le contact. Jets de projectiles, tirs de mortiers d’artifices : les incidents se sont multipliés au fil des heures, obligeant policiers et gendarmes à intervenir à plusieurs reprises.
La situation s’est notamment tendue à proximité des Halles Biltoki, où des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour repousser les groupes les plus virulents et tenter de contenir leurs déplacements vers la rocade angevine.
Dans le centre-ville, les conséquences des débordements se sont également fait sentir. Une vitrine de bar a été prise pour cible, rappelant que les commerces et les personnes présentes dans les rues se sont retrouvés au cœur de cette journée particulièrement agitée.
La préfecture évoque des individus venus « régulièrement au contact des policiers et des gendarmes, présents en nombre, les agressant avec des projectiles, et parfois même, tirant au mortier d’artifices ».
Elle précise que « ces différentes attaques ont contraint les forces de l’ordre à répliquer à plusieurs reprises ».
Deux mineurs blessés après des projections
Au milieu de ces affrontements, deux jeunes de plus de 15 ans ont dû être pris en charge par les secours. Tous deux ont expliqué avoir été touchés par des projections provenant d’un moyen de défense utilisé par les forces de l’ordre et ayant explosé au sol.
Le premier présentait une plaie à un doigt. Il a été transporté en urgence relative à la clinique de l’Anjou. Le second souffrait d’une blessure au niveau du genou et a été conduit au centre hospitalier universitaire d’Angers.
Les circonstances précises de ces blessures restent à établir. Le bilan communiqué par la préfecture ne fait état d’aucun autre blessé pris en charge par les secours dans le cadre de cette manifestation.
Les tensions se prolongent après la dispersion du cortège
La fin de la manifestation n’a pas immédiatement ramené le calme dans les rues angevines. Des groupes considérés comme violents par les autorités sont restés aux abords immédiats du centre-ville jusqu’au début de la soirée.
Les forces de l’ordre ont poursuivi leurs déplacements dans le secteur pour disperser ces individus et éviter de nouveaux incidents. L’enjeu était aussi de sécuriser une soirée du 31 octobre traditionnellement animée par les sorties et les festivités d’Halloween.
À l’heure du bilan préfectoral, au moins vingt personnes avaient été interpellées. Un chiffre qui donne une première mesure de l’ampleur des opérations menées après plusieurs heures de tensions.
François Pesneau suit les opérations depuis le poste de commandement
Tout au long de l’après-midi, le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, était présent au poste de commandement pour suivre l’évolution de la situation et la coordination des différents services.
À l’issue de cette journée, il a tenu à remercier les personnels mobilisés. La préfecture rapporte qu’il salue « le dévouement et le professionnalisme des policiers nationaux, des policiers municipaux, des gendarmes départementaux et des gendarmes mobiles venus renforcer le dispositif ».
La journée angevine se termine donc sur un bilan contrasté. D’un côté, 5 000 personnes ont participé à une manifestation dont la grande majorité s’est déroulée pacifiquement. De l’autre, plusieurs heures d’affrontements, des dégradations, deux mineurs blessés et au moins vingt interpellations ont marqué le centre-ville.
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