Immobilier : à Angers, les logements sont plus nombreux à vendre, mais voici ce qu’ils coûtent désormais

Le marché immobilier ancien angevin connaît un mouvement paradoxal. Alors que le budget moyen nécessaire pour acheter un logement recule de 5,3 % en un an, le prix du mètre carré continue de progresser légèrement. Avec 5 663 biens proposés à la vente, soit une hausse de près de 16 % de l’offre, Angers voit son marché évoluer. À Cholet, les prix sont orientés à la baisse et les maisons restent majoritaires.
Acheter un logement à Angers coûte toujours cher, mais les annonces sont plus nombreuses et les budgets affichés commencent à s’ajuster. C’est l’un des enseignements de l’Observatoire GH Transaction de Guy Hoquet Immobilier, qui a passé au crible le marché de l’ancien entre janvier et octobre 2026, en comparant les données avec celles de l’année précédente.
En Maine-et-Loire comme dans le reste des Pays de la Loire, le marché immobilier traverse une période de rééquilibrage. Les prix ne baissent pas partout, mais les acquéreurs disposent d’un choix plus large, tandis que les vendeurs doivent composer avec des acheteurs plus attentifs à leur capacité de financement.
À Angers, davantage de logements à vendre, mais des surfaces plus petites
C’est un chiffre qui retient particulièrement l’attention : 5 663 biens immobiliers étaient proposés à la vente à Angers sur la période étudiée, soit une progression de 15,8 % en un an.
Cette augmentation de l’offre ne s’accompagne pourtant pas d’une baisse du prix au mètre carré. Celui-ci atteint désormais 3 500 euros, en hausse de 1 % sur un an. Angers se situe ainsi à un niveau très proche de Saint-Nazaire, où le prix moyen s’établit à 3 474 euros le mètre carré.
En revanche, le budget moyen nécessaire pour acquérir un logement angevin recule sensiblement. Il passe à 273 515 euros, soit une diminution de 5,3 % en un an.
Comment expliquer cette évolution alors que les prix au mètre carré progressent ? La réponse tient notamment à la taille des logements proposés. La surface moyenne des biens mis en vente à Angers est passée à 78,1 m², soit 5,3 m² de moins qu’un an auparavant.
Autrement dit, les logements affichés sont globalement plus petits. Le budget moyen diminue donc sans que le prix au mètre carré ne suive la même tendance.
Combien coûte un appartement à Angers en 2026 ?
Les écarts restent importants selon le nombre de pièces. Pour un studio, le prix moyen affiché atteint 111 666 euros. Il faut compter 161 316 euros pour un deux-pièces et 231 263 euros pour un appartement de trois pièces.
Pour un quatre-pièces, le budget moyen grimpe à 279 566 euros. Les grands appartements de cinq pièces et plus atteignent, eux, 376 886 euros.
Les maisons affichent des montants nettement supérieurs. Une maison de quatre pièces est proposée en moyenne à 311 926 euros. Pour une maison de cinq pièces et plus, le budget moyen dépasse les 512 000 euros.
Ces montants correspondent à des prix de mise en vente et non nécessairement aux prix auxquels les transactions sont finalement conclues. La négociation entre vendeurs et acheteurs peut donc modifier la facture finale.
Bonne nouvelle sur le DPE : les passoires thermiques reculent à Angers
Autre évolution notable dans la capitale angevine : la part des logements classés F ou G, considérés comme les plus énergivores, diminue nettement.
Elle représente désormais 4,8 % des annonces, contre 8,2 % un an plus tôt. C’est le recul le plus marqué parmi les six villes des Pays de la Loire étudiées dans l’observatoire.
Cette évolution intervient dans un contexte où le diagnostic de performance énergétique (DPE) prend une place croissante dans les décisions d’achat. Les logements les moins bien classés peuvent nécessiter des travaux importants et peser sur la négociation.
À l’échelle régionale, les biens classés F ou G sont proposés en moyenne 24 % moins cher au mètre carré que ceux classés A, B ou C. Un écart qui ne s’explique toutefois pas uniquement par la performance énergétique : l’emplacement, l’état général et la superficie entrent également en jeu.
Cholet : un trois-pièces autour de 138 000 euros
À quelques dizaines de kilomètres d’Angers, le marché choletais présente un visage différent.
Le prix moyen du mètre carré s’établit à 2 178 euros, en baisse de 1,5 % sur un an. Le budget moyen de mise en vente atteint 233 312 euros, soit un recul de 1,6 %.
L’offre progresse également, avec 1 988 biens proposés à la vente, en hausse de 5,5 %.
Pour les acquéreurs, les différences sont particulièrement visibles sur les appartements. Un trois-pièces est affiché en moyenne à 138 112 euros à Cholet, contre 231 263 euros à Angers. L’écart dépasse donc 93 000 euros pour ce type de logement.
Le marché choletais reste par ailleurs largement dominé par les maisons, qui représentent 70 % des annonces. Leur prix moyen atteint 271 704 euros, contre 144 826 euros pour un appartement.
Angers, Cholet, Nantes : trois marchés immobiliers très différents
La comparaison avec les autres grandes villes régionales permet de mieux mesurer les écarts.
À Nantes, le prix moyen atteint 3 923 euros le mètre carré, malgré un recul de 3,5 % sur un an. Le budget moyen de mise en vente s’établit à 295 469 euros, en baisse de 6,3 %.
À Saint-Nazaire, le prix au mètre carré atteint 3 474 euros, presque au même niveau qu’à Angers. Le budget moyen est de 277 868 euros.
Le Mans et Cholet affichent des niveaux plus accessibles. Pour un appartement de trois pièces, les prix moyens sont respectivement de 137 926 et 138 112 euros.
Angers conserve donc un positionnement particulier : des prix au mètre carré proches de ceux de Nantes et de Saint-Nazaire, mais un budget moyen en recul, porté notamment par la diminution de la surface des biens proposés.
Dans les Pays de la Loire, le budget immobilier recule de 2,2 %

À l’échelle régionale, le constat est assez proche de celui observé à Angers.
Le budget moyen de mise en vente atteint 285 359 euros, soit une baisse de 2,2 % en un an. Dans le même temps, le prix moyen au mètre carré progresse légèrement, à 2 779 euros (+0,7 %).
La surface moyenne des logements proposés diminue de trois mètres carrés, pour s’établir à 102,7 m².
Cette évolution s’explique notamment par la progression de l’offre d’appartements, en hausse de 17 %, tandis que celle des maisons recule de 5 %. Les maisons représentent désormais 69 % des annonces régionales, contre 73 % un an auparavant.
En moyenne, une maison est proposée à 312 000 euros pour 122 m². Un appartement affiche un prix moyen de 224 000 euros pour une surface de 60 m².
Des crédits immobiliers plus chers : le prochain obstacle pour les acheteurs ?
Si les annonces deviennent plus nombreuses et que certains budgets reculent, le financement reste un sujet de préoccupation.
Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen des crédits immobiliers atteignait 3,40 % en septembre 2026, contre 3,16 % en décembre 2025.
Cette remontée pourrait limiter la capacité d’emprunt des ménages et peser sur les projets d’achat dans les prochains mois. Les vendeurs pourraient alors être amenés à revoir leurs prétentions pour trouver preneur.
Pour Stéphane Fritz, président de Guy Hoquet Immobilier, les Pays de la Loire connaissent « un ajustement en douceur ». Il souligne notamment que les acheteurs disposent d’un choix plus large à Nantes, tandis que Le Mans et Cholet restent parmi les marchés les plus accessibles de la région.
À Angers, la situation est donc contrastée : les prix au mètre carré continuent de progresser, mais les budgets moyens diminuent et le nombre de logements proposés augmente. Pour les candidats à l’achat, cette évolution pourrait ouvrir de nouvelles possibilités de négociation, à condition de disposer d’un financement suffisamment solide.
Source : Observatoire GH Transaction de Guy Hoquet Immobilier, données du 25 décembre 2025 au 24 octobre 2026, comparées à la même période de 2025. Les chiffres concernent les prix affichés dans les annonces, pas les prix définitifs des transactions.
en partenariat avec REGIEPRO


