Trafic à la prison d’Argentan : trois détenus condamnés après une enquête

Téléphones, stupéfiants et objets interdits circulaient au sein du centre de détention d’Argentan (Orne). Après plusieurs mois d’enquête, trois détenus ont été jugés. Le tribunal a prononcé des condamnations, mais aussi plusieurs relaxes faute de preuves suffisantes.
Un salarié soupçonné d’organiser le trafic
L’affaire débute en novembre 2025, lorsque le directeur du centre de détention d’Argentan alerte le procureur de la République sur l’existence d’un trafic. Une enquête de plusieurs mois permet d’identifier un homme de 37 ans, employé aux espaces verts pour la société Sodexo Justice Services.
Surnommé « le formateur » par les détenus, il aurait profité de sa position pour introduire des téléphones, des stupéfiants et d’autres objets interdits. Lors de son interrogatoire, il avait reconnu les faits. Il percevait 50 € par objet introduit, soit entre 500 et 600 € par semaine. Les enquêteurs avaient également découvert 6 130 € répartis sur cinq comptes bancaires. Il a depuis été jugé et condamné.
Trois détenus soupçonnés d’avoir participé au réseau
L’enquête a également conduit à la mise en cause de trois détenus, âgés de 29 à 31 ans, jugés le 6 octobre 2026. Ils étaient poursuivis pour recel, corruption et trafic de stupéfiants sur une période allant de janvier 2025 à mars 2026.
Le premier, détenu au Havre, était présenté comme le chef de l’organisation. Le deuxième, incarcéré à Argentan, avait été mis en cause par « le formateur ». Enfin, le troisième, détenu à Val-de-Reuil, contestait l’ensemble des accusations.
L’audience avait été marquée par un incident. Le troisième prévenu s’était emporté contre l’avocat de la partie civile, lui demandant à plusieurs reprises de « fermer sa gueule ». Les débats avaient dû être suspendus pour permettre son évacuation.
Le procureur avait requis six mois de prison pour l’un des hommes et deux ans pour les deux autres. La défense avait dénoncé des accusations reposant sur des déclarations insuffisamment étayées.
Des condamnations et plusieurs relaxes
Le tribunal d’Argentan a rendu sa décision ce mardi 3 novembre 2026. Le détenu de 31 ans a été condamné à 18 mois de prison ferme pour recel, mais relaxé des accusations de détention de stupéfiants et de corruption.
Le prévenu de 29 ans a écopé de 12 mois de prison ferme pour recel et corruption. Les faits de trafic de stupéfiants n’ont pas été retenus.
Enfin, le troisième homme, âgé de 30 ans, a été condamné à 18 mois de prison supplémentaires pour détention d’un objet interdit en cellule : une console de jeux. Il a également été relaxé des accusations de trafic de stupéfiants et de corruption.
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