Pays de la Loire : la région la moins touchée par la pauvreté, mais 450 000 habitants restent concernés

Les Pays de la Loire affichent le taux de pauvreté le plus faible de France métropolitaine. Selon une nouvelle étude de l’Insee publiée ce jeudi 5 novembre 2026, 11,5 % des habitants de la région vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023. Une situation plus favorable que dans le reste du pays, qui ne doit toutefois pas masquer les disparités entre les départements et les catégories de population. En Maine-et-Loire, près de 12 % des habitants sont concernés.
Les chiffres sont plutôt favorables à la région, mais ils racontent aussi une autre réalité : celle de centaines de milliers de personnes qui peinent à joindre les deux bouts. Dans son étude Insee Flash n°166, l’Institut national de la statistique et des études économiques estime que 450 000 Ligériens vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023.
Avec un taux de 11,5 %, les Pays de la Loire se placent devant toutes les autres régions métropolitaines. La moyenne nationale atteint, elle, 15,9 %. La Bretagne arrive en deuxième position avec 11,6 %.
Pour une personne seule, le seuil de pauvreté monétaire était fixé à 1 296 euros mensuels en 2023. Ce montant correspond à 60 % du niveau de vie médian en France métropolitaine.

Le Maine-et-Loire parmi les départements les moins touchés
Dans les cinq départements de la région, les taux de pauvreté restent inférieurs à la moyenne nationale. Mais les situations sont loin d’être identiques.
En Maine-et-Loire, 11,8 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2023. Le département se situe légèrement au-dessus de la moyenne régionale, mais figure parmi les dix départements métropolitains les moins touchés.
La Loire-Atlantique affiche un taux de 11,5 %, tandis que la Mayenne se situe à 11,6 %. La Vendée présente la situation la plus favorable avec seulement 9,2 % de sa population concernée. Il s’agit même du taux le plus faible de France métropolitaine.
À l’autre extrémité du classement régional, la Sarthe enregistre un taux de 14,1 %. L’Insee pointe notamment un niveau de vie plus faible, davantage de chômage, particulièrement chez les jeunes, et une proportion plus importante de familles monoparentales.
À Angers, un taux de pauvreté de 15 %
L’étude met également en évidence les différences entre les territoires urbains et les espaces ruraux. Dans les communes urbaines denses des Pays de la Loire, 18,9 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. À l’inverse, cette proportion tombe à 7,4 % dans les communes rurales périurbaines.
Les grandes agglomérations concentrent une part importante des difficultés sociales. Le Mans Métropole arrive en tête avec un taux de pauvreté de 19,7 %. Angers Loire Métropole affiche 15 %, devant Nantes Métropole et ses 14,4 %.
Selon l’Insee, ces grandes agglomérations accueillent davantage de logements sociaux et d’étudiants, deux caractéristiques qui contribuent à expliquer ces différences statistiques.
À l’échelle régionale, les trois principales intercommunalités les plus exposées regroupent à elles seules 42 % des personnes pauvres.
Les jeunes et les femmes davantage exposés
Autre enseignement de l’étude : la pauvreté touche davantage les jeunes générations. En Pays de la Loire, 16 % des mineurs vivent sous le seuil de pauvreté. Chez les 18-29 ans, le taux atteint encore 14,9 %.
La situation s’améliore progressivement avec l’âge. À partir de 30 ans, le taux diminue et poursuit sa baisse après 50 ans. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, il avoisine les 7 %.
Les femmes sont également davantage exposées que les hommes. Parmi les adultes, 10,9 % des Ligériennes vivent sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des hommes. L’Insee explique cet écart notamment par une participation moins importante au marché du travail, un recours plus fréquent au temps partiel et des rémunérations plus faibles.
Mais c’est du côté du logement que l’écart est particulièrement marqué. En Pays de la Loire, 26,8 % des locataires sont concernés par la pauvreté, contre seulement 4,8 % des propriétaires. Dans la Sarthe, le taux atteint même 32,2 % chez les locataires.
Des inégalités moins importantes qu’ailleurs en France
Malgré ces difficultés, les Pays de la Loire se distinguent aussi par des inégalités de niveau de vie parmi les plus faibles de France métropolitaine.
Les 10 % des habitants les plus aisés disposent d’un niveau de vie annuel médian 2,8 fois supérieur à celui des 10 % les plus modestes. À l’échelle nationale, ce rapport atteint 3,5.
La Vendée se distingue encore avec les inégalités les plus faibles du pays, avec un rapport de 2,5 entre les catégories les plus aisées et les plus modestes.
Le niveau de vie médian régional atteint par ailleurs 26 040 euros par an, contre 25 920 euros en France métropolitaine. Les disparités départementales restent néanmoins importantes : il s’établit à 24 990 euros dans la Sarthe et à 27 150 euros en Loire-Atlantique.
Derrière le classement flatteur des Pays de la Loire, l’étude de l’Insee rappelle ainsi une réalité plus contrastée : si la région résiste mieux que les autres à la pauvreté, les jeunes, les femmes et les locataires restent particulièrement exposés. Et le Maine-et-Loire, malgré sa position relativement favorable, n’échappe pas à cette situation.
en partenariat avec REGIEPRO


