
La grogne sociale ne faiblit pas dans le département de la Vienne. Ce jeudi 5 novembre, à l’appel de l’intersyndicale, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues pour réclamer des mesures d’urgence face à la vie chère, en soutien à la mobilisation lycéenne entamée ces dernières semaines. De Poitiers à Civray, en passant par Montmorillon, la contestation s’est fait entendre tout au long de la journée.
Poitiers : un cortège massif et des lycées sous tension
Dans la préfecture de la Vienne, la mobilisation a été particulièrement suivie. Selon les syndicats, le cortège aurait rassemblé jusqu’à 10 000 participants, tandis que la préfecture en a comptabilisé 4 600 en milieu d’après-midi. Le mouvement a débuté dès le matin, avec des tentatives de blocage aux abords des lycées Victor-Hugo et du Bois-d’Amour, ce dernier figurant dans la liste récente des établissements prioritaires à rénover en raison de problèmes de chauffage et d’infiltration. Sur le campus universitaire, la faculté de Sciences Humaines et Arts (SHA) ainsi que l’UFR de Lettres et Langues ont également connu d’importantes perturbations. Les étudiants, ayant instauré une cantine solidaire, ont ensuite rejoint le cortège principal parti de la porte de Paris vers 14h, dans une ambiance globalement pacifique malgré quelques tensions sporadiques avec des groupes de jeunes en marge du cortège officiel.
Montmorillon et Civray : le monde rural fait entendre sa voix
La colère s’est également exprimée dans le sud du département, pointant du doigt les difficultés spécifiques des territoires ruraux. À Montmorillon, plus de 130 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture dès 13h40. Les manifestants ont dénoncé l’éloignement des services publics et l’impact de l’inflation sur les déplacements quotidiens, indispensables en milieu rural. À Civray, une centaine de personnes ont répondu à l’appel de la CGT locale, défilant depuis la place de l’Hôtel-de-Ville pour alerter sur l’explosion des inégalités et la précarité grandissante, tout en soulignant l’absence remarquée des lycéens, retenus par des obligations scolaires.
Loudun et Châtellerault : des cortèges nourris dès la matinée
Dans le nord du département, la mobilisation a pris forme dès la matinée. À Loudun, une cinquantaine de manifestants se sont réunis devant la mairie avant de défiler calmement dans le centre-ville. Plus à l’est, à Châtellerault, le mouvement a été nettement plus massif, rassemblant près de 700 personnes sur le boulevard Blossac. Les prises de parole syndicales y ont notamment dénoncé des salaires insuffisants face au coût de l’essence, soulignant la difficulté pour les salariés de faire face aux trajets domicile-travail.
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