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Les employés d’Orange protestent contre le transfert de la boutique d’Angers Centre

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Les employés d’Orange devant la boutique d’Angers « cœur de ville », située au 10 bis rue Lenepveu – Photographie : MV

De nombreux employés d’Orange se sont rassemblés hier matin devant la boutique d’Angers centre en réaction à l’annonce de sa fermeture prochaine dans le cadre d’un plan de réorganisation nationale. Leur revendication : « que la direction ne parle plus en chiffre, mais parle de ses salariés ».

Une fermeture dissimulée

Pour les clients, la fermeture de la boutique Orange centre sera presque imperceptible : cette dernière continuera de fonctionner, le logo sera toujours présent sur la devanture et les employés y porteront la même tenue. Cependant, « ils y seront moins nombreux et la boutique ne sera plus détenue par la société Orange » mais sa filiale la GDT (Générale Des Téléphones), comme beaucoup d’autres dans le pays », indiquent les syndicats. Aujourd’hui, il existe 180 boutiques Orange propriétaires sur le territoire, mais la société souhaite transférer environ la moitié de celles-ci à sa filiale d’ici 2026, pour faire en moyenne « 20 à 30% d’économies par boutique » affirme la CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail). La boutique d’Angers centre sera la première à être transférée à sa filiale dans les Pays de la Loire mais quatre autres devraient suivre. Pour les salariés, « ce changement de propriétaire va avoir un impact très concret ».

Des employés moins nombreux et aux salaires plus bas

Dans le cas d’une ville moyenne, comme Angers, « la situation peut rester gérable ». Ici, lorsque l’effectif de la maison-mère rue Lenepveu viendra à être réduit, probablement d’ici cet été, certains employés pourront être migrés vers l’une des deux autres boutiques de la ville (Grand Maine ou Espace Anjou), chose impossible dans des zones plus rurales. Pour cet employé et élu de la CFDT, « ces fermetures pourraient à terme obliger des salariés à déménager s’il veulent conserver leur emploi. Pour une société qui se qualifie de « digitale et humaine », dit-il, « le côté humain laisse à désirer ». Aussi, à cause de différences de conventions, les employés de la filiale sont moins payés que les employés d’Orange, comme en atteste ce salarié d’une boutique de Brest, qui s’est déplacé spécialement pour l’occasion : « j’ai fait cinq ans à la GDT, en CDI. On a fermé, on est passé chez Orange et là, rien que sur ma grille salariale, j’ai pris 450 euros ».

Une solidarité nationale

Ce jeudi matin, la manifestation rue Lenepveu a rassemblé une vingtaine de salariés d’Orange, dont beaucoup d’angevins mais aussi certains qui venaient d’autres villes et qui avaient fait, pour montrer leur solidarité, jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres de trajet (en partant de Brest, Quimper, Laval…). La signature d’une pétition était proposée aux passants. Au moment de la rédaction de cet article, près de 200 noms figuraient sur cette dernière.

Les employés d’Orange qui manifestent aujourd’hui ne se font « pas de faux espoirs ». De leur point de vue, le bulldozer lancé par l’opérateur est clairement en marche et ils sont bien conscient que des actions de la sorte ne l’arrêterons pas. Ce mouvement existe pour montrer « le clair désaccord des salariés » avec le plan de restructuration engagé tout en mettant en avant des demandes explicites en vue de futures négociations : « un accompagnement digne de ce nom et de nouveaux accords, au niveau national, bénéfiques pour les salariés ».

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