Justice
Sécurité routière : des sanctions nettement renforcées en Maine-et-Loire à partir de demain

La sécurité routière demeure une préoccupation majeure en Maine-et-Loire. Malgré les campagnes de prévention et les contrôles réguliers, les comportements dangereux persistent sur les routes du département. Excès de vitesse, alcool, stupéfiants ou usage du téléphone au volant continuent de provoquer des accidents parfois dramatiques, mettant en danger l’ensemble des usagers.
Face à un bilan jugé préoccupant, l’État a décidé de durcir nettement sa réponse. François Pesneau, préfet de Maine-et-Loire, et Éric Bouillard, procureur de la République près le tribunal judiciaire d’Angers, ont récemment rencontré les unités motocyclistes de la police et de la gendarmerie. Cette rencontre a permis de présenter un nouveau barème de suspensions administratives de permis, désormais plus sévère, et de rappeler la politique pénale renforcée en matière de délinquance routière.
Un barème administratif revu à la hausse
Annoncé de longue date, le travail de révision du barème des suspensions administratives est désormais effectif. « Un travail avait été mené, en lien avec le parquet, sur le barème des rétentions administratives de permis, qui ne sont pas des sanctions mais des mesures conservatoires », a rappelé le préfet François Pesneau. Ce nouveau barème, indicatif mais appliqué avec fermeté, entraîne en moyenne une augmentation de deux mois de suspension par rapport aux dispositions précédentes, afin de mieux adapter la réponse administrative à la gravité des infractions constatées.
Alcool : des suspensions plus longues et sans tolérance
En matière d’alcoolémie, le durcissement est particulièrement marqué. Désormais, lorsqu’un conducteur présente un taux égal ou supérieur à 0,75 mg par litre d’air expiré, soit l’équivalent de 1,5 g par litre de sang, la suspension administrative du permis est portée à huit mois, contre six auparavant. Dans ces situations, aucune possibilité d’installation d’un éthylotest anti-démarrage n’est prévue. En cas de récidive, la durée de suspension atteint désormais dix mois, illustrant la volonté des autorités de lutter plus fermement contre un facteur majeur d’accidents mortels dans le département.
Grand excès de vitesse : six mois de suspension systématique
Le traitement des grands excès de vitesse marque également un tournant. Depuis l’entrée en vigueur du nouveau dispositif, tout dépassement d’au moins 50 km/h de la vitesse autorisée, quelle que soit cette limitation, entraîne automatiquement une suspension administrative de six mois. Auparavant, cette durée variait entre trois et cinq mois selon la vitesse maximale autorisée sur l’axe concerné. « On change radicalement de logique », a souligné Éric Bouillard, rappelant que ces comportements sont fortement surreprésentés dans les accidents les plus graves.
Stupéfiants : un barème encore plus sévère
Concernant les stupéfiants, le nouveau barème introduit également des évolutions notables. L’usage d’une substance autre que le cannabis entraîne désormais une suspension administrative de huit mois, contre six auparavant. Plus sévère encore, la détection de plusieurs substances lors d’un contrôle conduit à une suspension de dix mois, une mesure créée spécifiquement dans le cadre de cette réforme. Une réponse renforcée face à des conduites jugées particulièrement dangereuses.
Téléphone au volant et infractions associées : une tolérance zéro
L’usage du téléphone au volant, lorsqu’il est associé à une infraction grave, fait désormais l’objet d’une attention particulière. Le non-respect d’un feu rouge ou d’un feu orange, commis simultanément à l’utilisation du téléphone tenu en main, entraîne une suspension administrative de trois mois, contre un seul mois auparavant. En cas de récidive dans un délai de trois ans, cette durée est portée à cinq mois. Les autorités entendent ainsi marquer les esprits face à un comportement encore trop banalisé.
Un bilan d’accidentologie jugé inacceptable
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte alarmant. Entre 2025 et 2026, le Maine-et-Loire a enregistré une hausse de 12 % des accidents, de 12 % des blessés et de 15 % des personnes tuées sur les routes. « On ne peut pas se satisfaire de ce bilan », a insisté François Pesneau, pointant une réponse jusque-là insuffisamment dissuasive face à la gravité des faits observés.
Prévention et fermeté, une stratégie assumée
Si la prévention reste un pilier de la politique de sécurité routière, les autorités assument désormais une ligne de fermeté accrue. Multiplication des contrôles, sanctions administratives plus longues et réponses judiciaires renforcées doivent permettre de faire évoluer les comportements. « Le comportement du conducteur est à l’origine d’un très grand nombre d’accidents graves », a rappelé le préfet.
Avec l’entrée en vigueur immédiate de ce nouveau barème, l’État envoie un message clair aux usagers de la route en Maine-et-Loire : les comportements dangereux ne seront plus tolérés et feront l’objet de sanctions à la hauteur des risques encourus par l’ensemble de la population.
