Maine-et-Loire
Urgences du CHU d’Angers : une saturation critique dénoncée par le syndicat SUD

La situation aux urgences adultes du CHU d’Angers reste extrêmement tendue. Malgré l’activation du plan de tension hospitalière, le service est aujourd’hui confronté à une saturation majeure. Le syndicat SUD Santé Sociaux parle d’une situation « catastrophique » et alerte une nouvelle fois la direction de l’établissement.
Des patients dans les couloirs dès la matinée
Ce mardi matin, à 10h30, neuf patients étaient installés dans les couloirs des urgences adultes, classés en niveaux de gravité U2 et U3. Les deux zones de surveillance (ZS) affichaient déjà complet.
Le patio, un espace normalement non destiné aux soins, accueillait cinq lits. Dans la nuit, cette zone était entièrement occupée par des patients allongés, faute de places disponibles ailleurs dans le service. « Le patio n’est pas une zone de soins. Il n’y a pas de sonnettes d’appel et les conditions d’accueil y sont indignes », dénonce le syndicat SUD.
Une activité toujours plus élevée
Lundi 12 janvier 2026, les urgences adultes ont enregistré 188 entrées. À la mi-journée ce mardi, plus de 70 patients étaient présents simultanément dans le service. Les espaces dits “épis couchés” étaient pleins, tout comme le patio.
Du matériel a dû être installé en urgence afin de préserver un minimum d’intimité pour les patients, dans des conditions jugées très dégradées par les représentants du personnel.
Des renforts jugés insuffisants
Des renforts ont bien été mis en place, avec la présence de quatre infirmiers et d’un aide-soignant supplémentaires sur la journée. Une réponse que le syndicat estime insuffisante face à l’ampleur de la crise.
Par ailleurs, certains patients restent hospitalisés dans les zones de surveillance depuis plusieurs jours, notamment en attente de places relevant de la psychiatrie. « Des patients sont présents dans les ZS depuis trois jours. Ce n’est ni acceptable pour eux, ni tenable pour les équipes », alerte SUD.
Une alerte répétée, sans solution durable
Le syndicat rappelle avoir déjà tiré la sonnette d’alarme lors du comité social et économique (CSE) du 6 janvier 2026, ainsi qu’à de nombreuses reprises auparavant. « Les années se suivent et se ressemblent, sans qu’aucune solution pérenne ne soit trouvée », regrette SUD, pointant la réduction continue des lits d’hospitalisation conventionnelle.
Selon l’organisation syndicale, ce sont une nouvelle fois les patients et les soignants qui subissent les conséquences directes de cette politique.
Des équipes à bout de souffle
Sur le terrain, la fatigue est omniprésente. Les équipes sont décrites comme « épuisées physiquement et psychologiquement ».
« Être écoutés, c’est une chose. Entendre et prendre en considération les alertes des professionnels de soins en est une autre », insiste le syndicat, qui appelle à l’activation urgente de leviers supplémentaires.
