Justice
Mercosur : les Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire durcissent le ton

La mobilisation ne faiblit pas. Les Jeunes Agriculteurs (JA) de Maine-et-Loire ont réaffirmé, dans la nuit, leur opposition ferme à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. « Le Mercosur, c’est définitivement non », martèlent-ils, dénonçant un projet jugé incompatible avec l’avenir de l’agriculture française.
Dans la nuit, des actions symboliques ont été menées devant un supermarché E. Leclerc ainsi qu’à la sous-préfecture de Segré. Objectif : interpeller les pouvoirs publics et les acteurs de la distribution sur les conséquences qu’aurait, selon eux, l’ouverture accrue des marchés agricoles à des produits importés ne respectant pas les mêmes normes que celles imposées aux producteurs français.
Les Jeunes Agriculteurs pointent un risque majeur de concurrence déloyale. « Comment accepter des importations de viandes ou de productions agricoles issues de pays où les exigences sanitaires, environnementales et sociales sont bien moindres, alors que nos exploitants doivent répondre à des règles toujours plus strictes ? », s’interrogent-ils. Au-delà des prix, c’est toute la question de la souveraineté alimentaire européenne qui est posée.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de crise agricole persistante. Baisse des revenus, aléas climatiques, charges en hausse : pour les JA 49, l’accord Mercosur serait « la goutte d’eau » pour des exploitations déjà fragilisées. Ils demandent une cohérence des politiques publiques, estimant que l’Europe ne peut, d’un côté, exiger des efforts importants de ses agriculteurs et, de l’autre, ouvrir ses frontières à des produits ne respectant pas les mêmes standards.
Jusqu’où les agriculteurs devront-ils aller pour se faire entendre ? La question est posée. Les Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire préviennent en tout cas que la mobilisation pourrait se poursuivre si leurs alertes restent sans réponse. Pour eux, l’enjeu dépasse un simple accord commercial : il touche à l’avenir des fermes, des territoires ruraux et à l’indépendance alimentaire de l’Europe.
