Justice
Sécurité routière : des sanctions nettement renforcées en Maine-et-Loire à partir de demain

La sécurité routière reste un enjeu majeur en Maine-et-Loire. Malgré les campagnes de prévention et les contrôles réguliers, les comportements dangereux persistent sur les routes du département. Excès de vitesse, alcool, stupéfiants ou usage du téléphone au volant continuent de provoquer des accidents parfois dramatiques, mettant en danger l’ensemble des usagers.
Face à un bilan jugé préoccupant, l’État durcit le ton. François Pesneau, préfet de Maine-et-Loire, et Éric Bouillard, procureur de la République près le tribunal judiciaire d’Angers, ont rencontré ce matin les unités motocyclistes de la police et de la gendarmerie. Cette rencontre a permis de présenter un nouveau barème de sanctions administratives, plus sévère, et de détailler la politique pénale renforcée en matière de délinquance routière.
Un barème administratif durci et désormais appliqué
Annoncé de longue date, le travail de révision du barème des suspensions administratives de permis arrive à son terme. « Un travail avait été mené, en lien avec le parquet, sur le barème des rétentions administratives de permis, qui ne sont pas des sanctions mais des mesures conservatoires », a rappelé le préfet François Pesneau.
Ce nouveau barème, indicatif mais largement renforcé, entrera en application dès ce week-end. Il vise à mieux faire correspondre la gravité des infractions avec la durée des suspensions provisoires, dans un souci de cohérence entre les réponses administratives et judiciaires. « On ne peut pas travailler chacun dans son couloir de nage. Les politiques du préfet et du procureur doivent être alignées », a insisté le représentant de l’État.
Le grand excès de vitesse devient un délit pénal
Parmi les évolutions majeures, le délit de grand excès de vitesse marque un tournant. Depuis le 29 décembre, un dépassement de plus de 50 km/h n’est plus une simple contravention mais un délit. « Ça change radicalement la donne », a expliqué Éric Bouillard. « En matière délictuelle, les pouvoirs de police judiciaire sont plus importants. »
En Maine-et-Loire, 161 verbalisations pour des excès supérieurs à 50 km/h avaient déjà été enregistrées en 2025. Une infraction qui, selon le procureur, est fortement surreprésentée dans la mortalité routière constatée en 2025. Désormais, ces faits peuvent entraîner une garde à vue, une comparution immédiate, la confiscation du véhicule et, très fréquemment, l’annulation du permis de conduire.
Alcool, stupéfiants et téléphone : une réponse plus ferme
Les autorités ciblent également les autres comportements à risque. « Dans 40 % des accidents mortels, l’alcool est en cause », a rappelé Éric Bouillard, soulignant que ces faits relèvent déjà du champ délictuelle. Les durées de suspension administrative pour alcoolémie et usage de stupéfiants seront donc allongées.
Autre nouveauté marquante : la lutte contre l’usage du téléphone au volant. Jusqu’ici souvent banalisé, ce comportement sera désormais lourdement sanctionné lorsqu’il est associé à une autre infraction. « À chaque infraction doublée d’un usage du téléphone, on passera à une suspension administrative du permis pouvant aller de trois à cinq mois », a annoncé le préfet. Des contrôles renforcés sont prévus, notamment en zone urbaine.
Un bilan d’accidentologie jugé inacceptable
Les chiffres expliquent ce durcissement. Entre 2025 et 2026, le Maine-et-Loire enregistre une hausse de 12 % des accidents, 12 % des blessés et 15 % des personnes tuées sur les routes. « On ne peut pas se satisfaire de ce bilan », a martelé François Pesneau.
Pour le préfet, il existait jusqu’ici une inadéquation entre la gravité des faits constatés et la réponse apportée. « La réponse en matière de sanctions était trop faible. Naturellement, nous allons renforcer la répression, en multipliant les contrôles et en augmentant le niveau des sanctions. »
Prévention et répression, un même combat
Si la fermeté est assumée, les autorités rappellent que la sécurité routière repose aussi sur la prévention. Actions pédagogiques, notamment auprès des plus jeunes, et présence accrue des forces de l’ordre sur le terrain doivent accompagner cette politique.
« Le comportement du conducteur est derrière un très grand nombre d’accidents graves », a conclu le préfet. Vitesse excessive dans les centres-bourgs, refus d’obtempérer, conduite malgré une suspension ou une annulation de permis : autant de comportements désormais clairement affichés comme inacceptables.
Avec l’entrée en vigueur de ce nouveau barème et une réponse pénale renforcée, l’État espère envoyer un message clair : sur les routes du Maine-et-Loire, la tolérance est terminée.
