Citoyenneté

Maine-et-Loire : policiers à bout, la colère monte sur le terrain

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REUTERS/Charles Platiau

Ils patrouillent de jour comme de nuit, interviennent dans l’urgence, rassurent, interpellent. Pourtant, sur le terrain, les policiers de Maine-et-Loire disent aujourd’hui travailler à bout de forces. À Angers, Cholet et Saumur, le malaise est profond et la situation, selon les représentants syndicaux, devient critique.

Des véhicules usés jusqu’à la corde

À Angers, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les véhicules de la Brigade anticriminalité (BAC) affichent des kilométrages impressionnants : 215 000 kilomètres pour l’un, près de 200 000 pour un autre. Le troisième, tout aussi ancien, tombe régulièrement en panne. Le dernier véhicule neuf livré remonte à 2017. « Comment assurer des missions anticriminalité dans ces conditions, quand la sécurité même des policiers est mise en jeu ? », s’interroge Jérôme Hanarte, secrétaire départemental Alliance Police Nationale en Maine-et-Loire.

À Cholet, une BAC absente une nuit sur trois

Dans une circonscription de plus de 60 000 habitants, il arrive qu’aucune patrouille anticriminalité ne soit déployée une nuit sur trois, sur instruction hiérarchique. Lorsqu’elle est présente, la BAC patrouille parfois à deux policiers seulement, une situation jugée dangereuse pour les fonctionnaires comme pour les habitants. Là encore, le matériel pose problème : l’unique véhicule BAC, mis en service en 2019, a déjà dépassé les 200 000 kilomètres.

Enquêteurs submergés, victimes dans l’attente

Mais la tension ne s’arrête pas aux patrouilles. Dans les services d’investigation d’Angers, Cholet et Saumur, les enquêteurs croulent sous les dossiers. Certains doivent gérer plus de 300 procédures simultanément. Logiciels inadaptés, réseaux informatiques défaillants, lourdeurs administratives : le quotidien est devenu un véritable parcours d’obstacles. « Derrière chaque dossier, il y a une victime qui attend une réponse », rappelle Jérôme Hanarte.

Des effectifs en chute libre

Le manque d’effectifs est désormais flagrant dans les trois circonscriptions de Maine-et-Loire. À Cholet et Saumur, assurer une présence policière certaines nuits relève parfois du défi. À Angers, les effectifs dédiés au maintien de l’ordre ont quasiment été divisés par deux en dix ans. Les unités motocyclistes et canines ont, elles aussi, vu leurs rangs fondre progressivement, sans que cela ne suscite de réaction notable.

Des missions en hausse, pas les renforts

Alors que les unités diminuent, les missions, elles, augmentent. C’est notamment le cas dans les services de renseignement à Angers et Cholet, confrontés à une charge de travail croissante sans renforts humains suffisants pour y faire face.

Un appel à la mobilisation des policiers et des citoyens

Face à cette accumulation de difficultés, la lassitude s’est transformée en colère. Une colère que les policiers disent partagée par de nombreux citoyens, eux aussi confrontés à une insécurité qu’ils jugent de plus en plus présente.

Alliance Police Nationale et la CFE-CGC appellent ainsi à une mobilisation citoyenne. Policiers et habitants sont invités à se rassembler samedi 31 janvier 2026 à 11 heures, devant l’Hôtel de Police de Nantes, afin d’alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation.

« Il est urgent d’agir », insiste Jérôme Hanarte. « Pour les policiers, mais aussi pour les citoyens que nous sommes censés protéger. »

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