Cholet

Feu d’artifice mortel à Cholet: le maire condamné à 18 mois de prison avec sursis

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Gilles Bourdouleix (Photo by JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Le maire de Cholet (Maine-et-Loire) a été condamné jeudi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel d’Angers pour un feu d’artifice qui avait fait deux morts et de nombreux blessés le 14 juillet 2022.

Son adjoint à la sécurité, Patrice Brault, a été condamné à la même peine.

Gilles Bourdouleix et cinq autres prévenus étaient poursuivis pour homicides et blessures en raison de leur rôle dans l’organisation défaillante de ce feu d’artifice.

Le soir du drame, plusieurs projectiles étaient tombés au milieu de spectateurs à quelques dizaines de mètres du pas de tir, zone qui aurait dû être interdite au public. Le souffle de l’explosion a tué un garçon de sept ans et sa sœur de 24 ans.

Leurs parents et le compagnon de la jeune femme ont été grièvement blessés. Douze personnes ont aussi subi des blessures lors de ce spectacle pyrotechnique organisé par la ville de Cholet.

Poursuivie aux côtés du maire et de son adjoint, l’association Cholet événements, organisatrice du feu d’artifice, a été condamnée à une interdiction définitive d’organiser des manifestations festives ou culturelles.

Contre le vice-président de l’association, le tribunal a prononcé une peine de 30 mois de prison dont 22 mois avec sursis. Il devra purger la partie ferme sous bracelet électronique et a lui aussi interdiction définitive d’organiser des manifestations.

Outre une interdiction définitive d’exercer la profession d’artificier, prononcée jeudi avec exécution provisoire, la société d’artifice HTP (devenue Féérie) a quant à elle été condamnée à 100.000 euros d’amende.

Le chef artificier a été condamné à trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis et une amende de 15.000 euros. Il ne pourra plus travailler comme artificier et purgera la partie ferme de sa peine de prison sous bracelet électronique. Lors du procès, en novembre dernier, le ministère public lui avait notamment reproché de n’avoir « pas suivi les règles d’utilisation des bombes ».

« Sur le chemin de la douleur, cette reconnaissance de la culpabilité de tous les prévenus est un moment de satisfaction », a déclaré Me Paul Hugot, avocat de parties civiles, dont les parents des deux enfants décédés.

Un autre avocat de parties civiles, Me Wissam Mahlaoui, a appelé à ce que « chacun fasse face à ses responsabilités » et qu’élus, artificiers et organisateurs de tels événements « prennent la mesure de ce qu’ils font ».

Un des avocats du maire, Me Frédéric Raimbault, a fait savoir qu’ils examineraient l’opportunité de faire appel « dans les prochains jours ».

L’enquête avait permis d’établir l’existence de défaillances dans l’utilisation des fusées et l’usage d’un matériel pyrotechnique vétuste. Les victimes avaient également pu s’approcher à quelques dizaines de mètres du pas de tir, en raison de l’absence de périmètre de sécurité.

Durant l’audience, le procureur de la République avait requis la relaxe de l’adjoint à la sécurité mais la condamnation des cinq autres prévenus. Eric Bouillard avait notamment requis deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende contre M. Bourdouleix.

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