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La cinquième édition du festival Conversation arrive à grands pas

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Marion Colléter, directrice adjointe du CNDC, et Noé Soulier, directeur artistique, ont présentés aujourd’hui la programmation très riche de la cinquième édition du festival Conversation / Crédit: Angers Info / Mathéo Durigneux

Le festival Conversation reviendra du 12 au 28 mars prochain au Quai et dans différents lieux partenaires. Pour cette cinquième édition, le CNDC a encore une fois misé sur une programmation éclectique, mélangeant les styles et les horizons.

Le 12 mars prochain signe le retour de l’un des événements culturels les plus attendus de l’année à Angers. Sur la précédente édition, ce sont quelques 7 000 spectateurs qui s’étaient rendus dans les différentes salles qui accueillaient le festival Conversation, pour un taux de remplissage de 89 %. « C’est un festival qui a trouvé sa place en France, qui s’est fait un nom » se félicite Noé Soulier, directeur artistique du CNDC. Pour cette cinquième édition, la jauge maximale est encore augmentée avec une capacité de 9 000 spectateurs sur une semaine. « Il y a eu un changement de comportement de la part du public » souligne Marion Colléter, directrice adjointe du CNDC, « ils sont devenus de véritables festivaliers. ». Des spectateurs qui cette année encore auront le choix parmi plus de 18 spectacles, dont sept coproductions et deux productions pures du CNDC.

De la diversité et des grands noms

« On n’a pas voulu se cantonner à une seule chapelle » explique Noé Soulier, « Nous avons surtout essayé de diversifier la programmation au maximum ». Les spectacles sont ainsi articulés autour de quatre « parcours » regroupant différentes œuvres autour de thématiques communes, décidés une fois la programmation établie, et qui visent surtout à faire le lien entre les différentes représentations.

L’une des grandes figures de cette cinquième édition, c’est évidemment Lucinda Childs qui collabore ici avec la compagnie « Dance On Ensemble » pour une création originale inspirée des textes de Gertrude Stein et de trois œuvres majeures de la danseuse. Elle est évidemment l’une des attractions du parcours « Abstraction et minimalisme », dans lequel Noé Soulier présentera une de ses dernières créations. Imaginée à Bruxelles, performée pour la première fois à Paris et nommée « Organon », il l’a réalisé en collaboration avec l’artiste sonore Tarek Atoui. « C’est un hybride entre une installation et une machine à faire du bruit » explique Noé Soulier, « L’intérêt réside dans une ambiguïté entre geste, son et objet. » Des mouvements qui sont aussi très présents dans « Ongoing » d’Ola Maciejewska qui fermera le bal de ce parcours. Elle qui s’intéresse ici plutôt aux différentes dynamiques du vivant, aux formes qui façonnent le monde.

Mais l’insaisissable n’est pas le centre de cette programmation, loin de là. S’il y a bien quelque chose dont on peut s’emparer, c’est une histoire. Qu’elle soit fictionnelle ou réelle, c’est ce que le parcours éponyme nous raconte avec des spectacles comme « Retrouvailles inespérées » d’Anna Massoni et Vincent Weber, « STRIP » des « Idoles » ou encore « Machine à spectacle » de Solène Wachter.

Une ressortie jamais performée au Quai

Si Noé Soulier présentera une de ses dernières performances, le directeur artistique du CNDC a aussi décidé de profiter de la représentation qui a eu lieu à New York d’une de ses anciennes créations pour la faire revenir en France, à Angers. Elle se nomme « Les vagues » et figure aux côtés d’« Éclats » de Léa Vinette et de « Delirious Night », le spectacle de Mette Ingvartsen qui clôturera le festival, au sein du parcours « Corps, batterie et percussions ». « Nous avons eu à ce moment-là la volonté de montrer via la performance comment l’énergie se propage » explique son créateur, « le fait qu’elle soit jouée à New York est une aubaine et nous nous sommes emparés de l’opportunité ». Créé en 2018, « Les vagues » n’a jamais pu être joué au Quai que Noé Soulier a rejoint le 1er juillet 2020. Cette proposition permet de donner vie au sein d’une même édition à deux créations de Noé Soulier ayant 8 ans d’écart, et n’ayant jamais été montrées à Angers.

Des frontières qui ne se limitent pas à l’occident

Si les créations d’origine européennes et américaines sont bien présentes, le CNDC n’a pas voulu se limiter à cette provenance. Un parcours est donc entièrement réservé aux artistes venus d’horizons plus lointains, nommé « Au-delà de l’Occident ». Trois créations sont ainsi mises à l’honneur, à commencer par « Bruits marrons » de Calixto Neto. « C’est un spectacle qui parle des minorités », résume Marion Colléter, « Ses interprètes nous partagent quelque chose de très personnel qui nous montre comment le collectif naît de l’individualité ». Six danseurs, un piano et des musiques de la figure de l’avant-garde afro-américaine Julius Eastman pour porter ce spectacle politique centré sur les archives du corps et de la mémoire noire.

Le souvenir, c’est le centre même de toutes ces propositions, et le festival Conversation a ainsi choisi de rendre hommage via « Shiraz » d’Armin Hokmi à un de ses compères disparu. Sur les terres iraniennes existait de 1967 à 1977 un festival qui rassemblait des artistes du monde entier pour célébrer le spectacle vivant. L’artiste iranien, inconnu en France il y a encore deux ans, embrasse cette mémoire. « Il a voulu creuser cette histoire, celle de ses ancêtres » explique la directrice adjointe du CNDC. Renouer avec ses racines comme le fait Tiziano Cruz, révélation du festival d’Avignon 2024, dans son spectacle « Wayqeycuna ». Traduction de « Mes frères à moi » en langue quechua, ce spectacle offre l’espoir malgré l’oppression, la discrimination et l’horreur coloniale. Une plongée dans les racines ancestrales argentines de l’artiste, pour clore un voyage multiculturel commémoratif.

Une machine à plusieurs rouages

C’est une habitude, le CNDC n’est jamais seul pour organiser cet événement. Il est le fruit d’une collaboration territoriale marquée. Si la plupart des spectacles seront dans les différentes salles ou dans le forum du Quai, des représentations auront lieu au THV ou à la galerie David d’Angers, et le festival Conversation projettera aux 400 Coups le documentaire « Les Cascadeuses » d’Elena Avdja qui fera écho à « La Machine à spectacle ».« C’est cette collaboration solidaire qui nous permet de continuer d’alimenter un festival de cette ampleur » explique Marion Colléter. Le Repaire Urbain sera lui aussi de la partie, avec des rencontres, des projections vidéos, des installations et des performances. De quoi densifier encore un festival déjà bien garni.

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