Angers
« Porter la parole des exploités et des opprimés » Le NPA révolutionnaire présente une liste pour les municipales à Angers.

Le NPA révolutionnaire présente sa propre liste pour les municipales 2026 à Angers, composée d’étudiants et de travailleurs, avec la ferme intention de lutter contre les inégalités et de porter des idées « communistes et révolutionnaires ».
Le NPA révolutionnaire sera de la partie pour les municipales qui arrivent à grands pas à Angers. Se rangeant du côté de « celles et ceux qui produisent », la cinquantaine d’étudiants et de travailleurs qui composent cette liste portent des idées « communistes et révolutionnaires ». « Nous voulons faire tomber la bourgeoisie, et il nous faut la force de tous les travailleurs pour cela », explique Nicolas Cuisinier, tête de liste.
Les grands patrons et les politiques dans le viseur
« Nous souhaitons que tout le monde puisse toucher au minimum 2 000 euros par mois, ce n’est pas normal de voir autant d’ouvriers dans la précarité, et autant de milliardaires qui s’enrichissent », lance Nicolas Cuisinier, « Mais les élites ne pourront jamais se plier de la sorte devant les grands patrons. ». Rehausser le salaire minimum, c’est une de leurs idées majeures, mais ce n’est pas tout. « En 2025, la CGT a recensé plus de 700 000 licenciements au niveau national », explique-t-il, « Nous voulons interdire le licenciement pour les entreprises qui font du profit. »
S’ils sont au courant de leurs faibles chances aux municipales, ces derniers ne se laissent pas abattre, bien au contraire. « On ne se fait pas d’illusion sur notre score », assure Nouk Glemarec, numéro deux sur la liste, « Cela nous permettra de voir combien nous sommes, et puis on veut aussi que les gens puissent voter pour leurs idées. ». Si les scores de l’extrême gauche sont restés plutôt faibles en France lors des dernières élections, le vote n’est jamais inutile, et peut même permettre de petites incursions. « Si nous avons assez de voix, nous pourrions avoir une petite place au sein du conseil municipal », ajoute Nicolas Cuisinier, « Avoir un pied dedans permettrait de dénoncer le plus possible ce qui s’y passe, parce que des exemples récents de dérives, on en a eu. Jean-Marc Verchère qui s’est improvisé reine du shopping en dépensant plus de 8 000 euros d’argent public en vêtements, c’est un bon exemple. »
Aider les minorités et les classes populaires
Sur la question de la police, Nicolas Cuisinier est catégorique :« C’est de la démagogie policière à la Trump. ». Depuis 2014, les effectifs de police ont augmenté de 40 % à Angers, au sein d’une ville dont le maire a avoué que « l’armement peut avoir un rôle de dissuasion ». « Ce n’est pas une solution », martèle Nicolas Cuisinier, « nous voulons que la police reste loin de la population. Si elle est aussi présente dans les quartiers populaires c’est car ils veulent nous surveiller. » Pour eux, cette surreprésentation de la violence est symptomatique d’une volonté plus grande de la part des élites. « Les capitalistes mènent une guerre de classe qui devient physique », lance la tête de liste du NPA révolutionnaire. « Nous le voyons bien avec l’augmentation du budget militaire ou la mise en place de services militaires volontaires. On veut faire de nous de la chair à canon. ». Une violence qui devient pourtant de plus en plus liée à la ville d’Angers, la faute à des agressions d’extrême droite qui se multiplient depuis plusieurs années. Sur une terre où l’Alvarium continue d’exercer son influence malgré sa dissolution en 2021, le NPA révolutionnaire se place comme un pilier de la lutte contre les idées conservatrices. « Nous allons lutter contre l’extrême droite, mais pas comme Béchu », avoue Nicolas Cuisinier. « Il dissimule sa propre faute puisqu’il fait partie du gouvernement qui a voté la loi Darmanin Le Pen. »
Répondre aux problématiques liées au logement
Le sujet majeur constamment mis sur la table par les Angevins, c’est celui du logement. « Béchu se vante toujours sur cette question », déplore Nicolas Cuisinier, « Il se couche devant les spéculateurs qui ne devraient même pas posséder de logements ». Il y a aujourd’hui 8 000 logements vacants à Angers. Pour eux, la réquisition de ces derniers est obligatoire pour essayer d’augmenter les chances de trouver un logement, mais ils vont plus loin. « Le droit à la propriété n’est pas absolu pour nous, loin de là », finit-il. S’il y a un consensus politique autour de ces questions, sans forcément proposer quelque chose d’aussi concret, le sujet de la gratuité des transports en commun n’est pas sur toutes les bouches de ceux qui lorgnent une place à la mairie. « Les transports devraient être gratuits pour tous et tout le temps, pas seulement le week-end comme le dit l’union des gauches », explique Nicolas Cuisinier. « La plupart du temps c’est pour se rendre sur son lieu de travail que les gens prennent les transports en commun, alors pourquoi paient-ils ? »
Une liste engagée, et depuis longtemps
Si aucune personne présente dans la liste ne s’est jamais présentée aux municipales, cela n’est en rien lié à un manque d’engagement. Nicolas et Nouk se sont rencontrés en militant. Lui habite Angers depuis 5 ans maintenant, et étudie à l’INSPE avec pour objectif de devenir enseignant. « Mes parents ne partagent pas mes convictions. Ces dernières sont venues de rencontre, de lecture, … », explique celui qui se présente à à peine 21 ans, « Ils ne sont pas engagés et plutôt de droite. » Le déclic s’est fait pour lui lorsqu’il s’est rendu compte que la société était « organisée sur le profit », tout en souhaitant alors un monde « organisé sur les besoins ». Son premier engagement militant date de la période de la réforme des retraites, durant laquelle il rejoint le NPA révolutionnaire en 2023. Nouk a quant à elle intégré le NPA révolutionnaire en 2022, pour des raisons similaires à Nicolas. « J’ai vraiment commencé à m’engager au collège, lors des « jeunesses pour le climat » », précise l’étudiante des Beaux-Arts d’Angers. « J’ai ensuite élargi mon combat à d’autres horizons. » .Si les deux étudiants sont fiers de leur liste, ils auraient aimé la joindre à celle de Lutte Ouvrière. « Nous souhaitions l’union, mais ils n’ont pas donné suite à nos demandes », expliquent-ils. « Ces discussions se sont faites à l’échelle nationale, mais c’est dommage que cela n’ait pas abouti. Nous nous sentons tout de même légitimes à être une deuxième liste ouvrière. » La liste du NPA révolutionnaire compte plus d’une cinquantaine de membres et devrait se compléter dans peu de temps, avant la tenue d’un premier meeting.
