Orne

Un couple de familles d’accueil condamné à Argentan pour avoir emmené des mineures dans leur « love room »

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Un couple a été condamné à Argentan pour avoir réaliser des activités érotiques avec des enfants / DR

Le tribunal correctionnel d’Argentan a rendu son délibéré ce mercredi 11 février 2026 dans une affaire troublante mêlant protection de l’enfance et activités érotiques, condamnant un couple de quadragénaires d’Almenêches selon les informations rapportées par le Journal de l’Orne.

Des mineures de l’ASE forcées de fréquenter une structure érotique

L’affaire a éclaté en janvier 2024 suite au signalement courageux d’une adolescente confiée à ce couple par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). La jeune fille a révélé que ses gardiens, parallèlement à leur rôle de famille d’accueil, exploitaient un établissement à caractère érotique baptisé « La Maison du désir » sur la commune d’Almenêches. Plus grave encore, les mineures placées chez eux étaient régulièrement emmenées sur les lieux pour effectuer le ménage après le passage des clients. Les victimes ont décrit des scènes dégradantes où le couple n’hésitait pas à faire la démonstration de divers accessoires et meubles de pratique sadomasochiste, tels que des bancs à fessées ou des croix de Saint-André.

Une interdiction définitive d’exercer auprès des enfants

Face à ces pratiques jugées incompatibles avec l’accueil d’enfants vulnérables, le procureur de la République a fustigé l’irresponsabilité totale des prévenus. Le tribunal a suivi les réquisitions en condamnant l’homme à une peine de douze mois de prison avec sursis, tandis que son épouse écope de huit mois de prison avec sursis. Surtout, la justice a prononcé une interdiction définitive d’exercer toute activité, professionnelle ou bénévole, impliquant un contact avec des mineurs. Cette décision marque la fin immédiate de leur agrément en tant que famille d’accueil, alors que le couple niait jusqu’alors toute culpabilité durant l’instruction.

Une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles

Outre les peines de prison et l’interdiction d’exercer, le couple est également condamné pour des faits de violences sur un autre mineur dont ils avaient la charge. En conséquence, les deux quadragénaires ont été inscrits au FIJAIS, le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Cette mesure administrative lourde vise à assurer un suivi permanent et à prévenir toute récidive. Le tribunal a ainsi voulu marquer la gravité des faits de corruption de mineures, rappelant que le rôle d’une famille d’accueil est d’offrir un cadre sécurisant et sain à des adolescents déjà fragilisés par leurs parcours de vie.

Correspondant de presse sur l'ensemble du Grand Ouest