La Maine et la Loire près d’Angers au plus haut pour plusieurs jours selon les experts de Vigicrue
Le soleil revenu ne doit pas tromper. En Anjou, la crue ne fait que commencer sa phase la plus longue. Lors d’un point technique du ministère de la Transition écologique ce vendredi matin, les...

Le soleil revenu ne doit pas tromper. En Anjou, la crue ne fait que commencer sa phase la plus longue. Lors d’un point technique du ministère de la Transition écologique ce vendredi matin, les experts de Vigicrues et de Météo-France ont confirmé que le bassin ligérien entre dans une période de niveaux durablement élevés, en particulier dans le Maine-et-Loire autour de Angers.
Une crue lente mais durable
La situation actuelle n’est pas spectaculaire mais elle est hydrologiquement préoccupante : une crue de plaine, progressive, alimentée par de nombreux affluents et appelée à durer.
Pour Lucie Chadourne-Facon, directrice du service central Vigicrues, le phénomène est clairement installé. « On est sur une crue qui va durer plusieurs jours avant d’atteindre un plateau haut. Et ce plateau pourrait encore repartir à la hausse avec l’apport des affluents des Basses-Vallées angevines. »
Le fonctionnement hydraulique du secteur explique cette inertie. La Maine tente de s’écouler mais se heurte au niveau élevé de La Loire, ce qui ralentit fortement la vidange du bassin. « La Loire agit comme un bouchon. Même si les pluies cessent, la crue continue », insiste l’experte.
À Angers, le niveau maximal attendu est estimé autour de 6,40 m, soit l’équivalent de la crue de 1995, avec les marges d’incertitude habituelles en hydrologie.
Loire aval : propagation vers l’ouest
La vague de crue se déplace désormais vers l’aval, notamment en direction de Montjean-sur-Loire puis vers la Loire-Atlantique. Les équipes de terrain ont mesuré environ 5 000 m³/s, preuve de la puissance du flux.
Pour Mathias Daubas, permanent de la direction opérationnelle, la dynamique du fleuve est souvent mal comprise. « Ce n’est pas parce que les pluies s’arrêtent que les crues s’arrêtent. Toute l’eau tombée en amont doit encore rejoindre l’océan et cela prend du temps. »
La Loire aval devrait donc atteindre ses niveaux les plus élevés durant le week-end, avec des inondations qui pourraient persister au moins une semaine.
Sarthe : montée en cours à Cheffes
En amont d’Angers, la pression reste forte sur les affluents. La Sarthe continue de monter à Cheffes-sur-Sarthe, participant à l’alimentation du système hydraulique angevin. « Nous sommes encore en montée aujourd’hui à 6,66 m. Un plateau autour de 6,80 m devrait s’installer dès demain », précise Mathias Daubas.
Ce maintien d’un niveau élevé en amont explique pourquoi la décrue angevine sera particulièrement lente : l’eau continue d’arriver alors qu’elle s’évacue difficilement vers la Loire.
Météo : accalmie relative… avant peut-être une nouvelle perturbation
Du côté du ciel, la situation se calme mais ne résout rien à court terme. Mathieu Plus, prévisionniste à Météo-France, confirme une pause météorologique.
« De samedi à mardi, le temps sera globalement plus sec. Quelques pluies faibles resteront possibles, sans commune mesure avec les jours précédents. »
Après 37 jours consécutifs de pluie, les sols sont saturés, ce qui prolonge mécaniquement la crue. « Une nouvelle perturbation pourrait arriver en milieu de semaine prochaine, mais il est encore trop tôt pour en préciser l’intensité ou la localisation. »
Autrement dit : même sans pluie, la crise hydrologique continue.
La phase la plus trompeuse débute désormais pour les habitants : celle où le ciel s’éclaircit mais où l’eau reste partout. Les autorités rappellent que les berges fragilisées et les courants puissants rendent toujours les abords des rivières dangereux.
En Anjou, la décrue sera lente — et l’Anjou devra patienter plusieurs jours avant de voir réellement baisser les niveaux.


