
Le paysage politique de la Sarthe a basculé ce dimanche 22 mars 2026, et les répercussions ne se sont pas fait attendre. À La Flèche, bastion historique de la gauche, la victoire de la liste du Rassemblement national (RN) provoque une onde de choc sans précédent dans le milieu culturel. Dernier événement en date : l’annulation brutale du festival « Du Bruit au Kid ».
Un festival à l’arrêt faute d’artistes
L’annonce est tombée ce mercredi 25 mars 2026, à seulement 48 heures de l’ouverture prévue : la 5e édition du festival « Du Bruit au Kid » n’aura pas lieu. Cette décision, prise par l’association Acafilms et la librairie Le Bruit des Mots, fait suite à une cascade de désistements.
Selon les organisateurs, de nombreux artistes programmés pour ces deux jours de littérature, cinéma et musique ont personnellement choisi de ne plus venir à la suite des résultats électoraux. « Nous n’avions pas les moyens de faire autrement », confie Bertrand Coulon (Acafilms), tout en précisant que l’équipe réfléchit déjà à un éventuel report pour ne pas abandonner définitivement l’événement.
La Flèche, nouveau laboratoire du RN dans l’Ouest
L’annulation de ce festival est le symbole d’une ville en plein bouleversement. Dimanche soir, Romain Lemoigne (RN) a fait tomber la mairie avec 133 voix d’avance sur la maire sortante socialiste Nadine Grelet-Certenais, au terme d’une triangulaire serrée. La Flèche devient ainsi la première ville d’importance de la région à passer sous pavillon RN, un « coup de tonnerre » pour ce département qui avait pourtant vu Stéphane Le Foll être confortablement réélu au Mans le même soir.
Une série de boycottages culturels
Le festival « Du Bruit au Kid » n’est pas un cas isolé. Depuis lundi, les annulations se multiplient à La Flèche :
Mazarine Pingeot (autrice) et le journaliste Arnaud Gonzague ont annulé leur participation au rendez-vous « Un dimanche à la bibliothèque » prévu le 29 mars.
Plusieurs collectifs locaux ont exprimé leur inquiétude quant à l’avenir des subventions culturelles et de la liberté de programmation sous la nouvelle mandature.
Ces désistements en série posent la question de la « vie avec » une municipalité d’extrême droite pour les acteurs de la culture, dans une commune où le tissu associatif est particulièrement dense.

