Trafic d’armes. Entre Tours et Angers, un jeune militaire au cœur du dossier, procès en juin

Un procès a été ordonné à l’encontre de sept hommes, dont deux militaires et un ancien policier, soupçonnés d’être impliqués dans un trafic d’armes et, pour six d’entre eux, d’avoir projeté des actions violentes inspirées d’une idéologie d’ultradroite, a indiqué jeudi une source judiciaire à l’AFP.
Un jeune militaire au centre des investigations
Au cœur de l’affaire, un jeune militaire, Emilien K., né en 2002 et affecté dans un régiment entre Tours et Angers, est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans le trafic. Selon les éléments de l’enquête, il envoyait des armes par colis à des clients liés à la mouvance d’ultradroite.
Des juges d’instruction antiterroristes ont rendu le 17 mars leur ordonnance renvoyant six hommes devant le tribunal correctionnel, et un septième, mineur au moment des faits, devant le tribunal pour enfants.
Ils seront jugés du 23 juin au 3 juillet, selon une source proche du dossier.
Des ventes d’armes alimentées par un ancien policier
Un militaire est accusé de s’être notamment fourni en armes auprès d’un policier à la retraite, qu’il vendait ensuite par colis à des clients de la mouvance d’ultradroite, d’après des éléments de l’enquête dont l’AFP a eu connaissance. Un autre militaire est soupçonné d’avoir fourni des grenades.
Des mosquées ont pu être évoquées comme cibles potentielles par certains mis en cause sur Telegram.
“La menace dite d’ultradroite radicale violente fait aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière”, avait souligné auprès de l’AFP en février le Parquet national antiterroriste, qui avait requis ces renvois.
Une enquête partie d’un fait divers
Cette enquête avait démarré à la suite d’une intervention en juin 2023 des gendarmes au domicile d’un jeune homme près de Chambéry, Hisham L., né en 2003, qui venait d’avoir une altercation avec son frère.
Les investigations numériques ont par la suite révélé un trafic d’armes impliquant des personnes acquises à l’idéologie d’ultradroite, selon l’accusation.
D’après les réquisitions dont l’AFP avait eu connaissance, Hisham L. aurait acheté des armes auprès du jeune militaire Emilien K., qui les expédiait par colis depuis son affectation entre Tours et Angers.
Des éléments saisis lors des perquisitions
Le caporal, chez qui les policiers ont retrouvé lors d’une perquisition un drapeau représentant un soleil noir, symbole mystique nazi, des dizaines de munitions et d’armes, se serait lui-même fourni chez Jean-Paul C., né en 1965, retraité de la police nationale passé par des services d’enquête et de renseignements.
A l’inverse des autres suspects, l’enquête n’a “pas permis de démontrer que les ventes et acquisitions d’armes auxquelles Jean-Paul C. se livrait étaient commises en relation avec une entreprise terroriste” d’après le Pnat. Un raisonnement suivi par les juges d’instruction.
Six prévenus poursuivis pour terrorisme
En revanche, les six autres seront jugés pour association de malfaiteurs terroriste. Dont un adolescent. La mère de ce mineur a assuré à l’AFP que son fils ne partageait pas de convictions néonazies et a dénoncé un “acharnement judiciaire” sur son fils.
“C’est une vengeance personnelle contre moi”, a estimé Fatima B., qui est une ex-figure du grand banditisme, aussi connue comme “Pépette”, proche d’Antonio Ferrara, surnommé le “roi de la belle” après deux évasions en 1998 et 2003.


