Le devoir de mémoire sur l’esclavage colonial porté par les élèves de David d’Angers

Ce vendredi 22 mai 2026 avait lieu la journée nationale à la mémoire des victimes de l’esclavage colonial à l’Odéon du Lycée David d’Angers, qui marquait par la même occasion les 25 ans de la loi Taubira. L’occasion pour les élèves de s’impliquer en lisant des textes dans un devoir de mémoire vis-à-vis de la traite atlantique.
Récit de la cérémonie
La cérémonie a débuté aux alentours de 14h30, comme l’année dernière, dans l’Odéon plein du Lycée David d’Angers. Cet événement combine la journée nationale des mémoires de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions célébrée le 10 mai, et la journée nationale érigée depuis 2017 en hommage aux victimes de l’esclavage colonial ayant lieu le 23 mai.
La salle accueillait pour l’occasion des élus, des inspecteurs de l’Éducation nationale, des représentants d’associations liées à cette journée, et le secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loire. La cérémonie incluait des vidéos d’élèves de Jean Vilar de l’année dernière, qui synthétisaient leur pensée en quelques mots sur leur vision de ce qu’est l’esclavage.
Il y a eu ensuite une projection du discours du 18 février 1999 de Christiane Taubira, puis la lecture d’un extrait de Candide, œuvre de Voltaire, par des élèves de quatrième. Ensuite, le secrétaire général Raymond Yeddou a pris la parole.
Après quoi a eu lieu une minute de silence suivie de La Marseillaise, jouée au violon par un élève japonais membre de l’orchestre du lycée David d’Angers (OLDA). Enfin, a pris place une représentation culturelle de capoeira accompagnée de la musique Gwo ka des Antilles, possible grâce aux associations Antille Guyane Anjou et Allegria Angers. Un voyage mémoriel et culturel qui faisait directement écho au cœur de cette journée : la célébration de la loi Taubira.
“Un tournant décisif dans l’Histoire“
Le mot d’ordre de la cérémonie était de célébrer les 25 ans de la loi Taubira, votée le 10 mai 2001 à l’unanimité à l’Assemblée nationale. L’occasion de replonger dans un moment important de l’histoire de la France mais aussi de l’Humanité. En effet, cette loi fit de la France la première nation à reconnaître l’esclavage comme un crime contre l’humanité.
L’importance de ce discours a été relevée par la DSDEN et le secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loire, Raymond Yeddou, les deux co-organisateurs de la cérémonie. « La loi Taubira a marqué un tournant décisif. Cette reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité a une portée philosophique, car reconnaître, c’est dire que certaines violences dépassent les frontières, les époques et les nations. C’est affirmer que l’être humain ne peut être traité comme une chose », a déclaré Raymond Yeddou en qualifiant la mémoire d’essentielle, ce chapitre de l’histoire ayant été, avant Madame Taubira, marginalisé par l’État français.
Un pivot de la reconnaissance que les élèves se doivent de connaître et de transmettre. « Chers élèves, vous avez un rôle essentiel dans cette transmission. Dans cette ère des réseaux sociaux, des discours simplistes et de la montée des haines identitaires, l’histoire devient une arme contre l’ignorance », a-t-il ajouté, témoignant de la place centrale que les élèves doivent avoir, selon la préfecture, dans le passage des mémoires.
L’importance de la participation des élèves
La participation des élèves était au centre de la cérémonie. « Avec le côté éducation de la DSDEN, on sollicite les élèves dans le cadre de la construction de leur parcours citoyen, pour former leur esprit critique. Ce sont eux les citoyens de demain, et ils doivent se souvenir pour ensuite décider vers où notre société doit tendre », a souligné Madame Armelle Bourrasseau, cheffe de bureau culture, mémoire, citoyenneté et laïcité (ACEC49).
Un devoir qu’ils ont donc, et dans lequel les élèves s’impliquent en se servant de leurs enseignements, à l’image de la lecture du passage à Surinam dans Candide, où le héros rencontre un esclave mutilé, un moment poignant lu par trois élèves de 4ème ayant l’œuvre à leur programme. La venue des associations pour les temps culturels prévus en fin de cérémonie est aussi pour elle, un moyen de montrer ce qui a découlé de l’esclavage : « On peut voir la capoeira ou le Gwo ka, ce sont des éléments culturels qui ont découlé en conséquence de ces crimes. Il ne faut pas les oublier et il faut faire perdurer ces pratiques culturelles tout en sachant leur héritage». Un mot d’ordre ressort de cette cérémonie : faire perdurer la culture et la mémoire, puisque les jeunes sont l’avenir et qu’ils doivent connaître le passé pour aller de l’avant.
Ecrit par Aidan Bossard


