
La récente vague de fortes chaleurs qui a touché la région a rendu le quotidien des personnes incarcérées particulièrement éprouvant. L’Observatoire international des prisons (OIP) relaie le témoignage alarmant d’un détenu de la prison de Poitiers-Vivonne, mettant en lumière les difficultés de gestion thermique au sein d’un établissement en forte surpopulation.
Un quotidien à trois par cellule sous un soleil de plomb
La fraîcheur est restée introuvable la semaine dernière derrière les barreaux de la maison d’arrêt de Poitiers-Vivonne, dont le taux d’occupation atteignait 198 % au 1er mai dernier selon le ministère de la Justice. Dans des cellules de 9 mètres carrés où cohabitent parfois trois détenus, l’absence de climatisation et de volets extérieurs expose directement les pièces au rayonnement solaire, rendant l’atmosphère nocturne intenable selon plusieurs intervenants associatifs locaux.
Une cellule exposée en plein soleil a ainsi poussé un détenu à contacter directement l’OIP pour signaler sa détresse. Pauline Petitot, chargée d’enquête pour l’organisme, rapporte que l’homme a tenté en vain de rafraîchir son espace en plaçant une serviette mouillée devant sa fenêtre. Par ailleurs, ce dernier déplore l’interdiction administrative de se rendre en cour de promenade vêtu d’un short et de claquettes.
Le manque d’accès aux douches et à l’eau fraîche dénoncé
Le signalement détaille également des contraintes logistiques majeures durant les pics de température. La cour de promenade étant dépourvue de point d’eau potable accessible, les prisonniers doivent cantiner des bouteilles d’eau pour les placer au réfrigérateur afin de s’hydrater ou de se rafraîchir la peau. Le plaignant indique aussi s’être vu confisquer son ventilateur par l’administration il y a plusieurs mois, sans possibilité de le récupérer pour faire face aux chaleurs d’après Ici Poitou.
Bien que le plan canicule officiel du ministère de la Justice préconise des douches supplémentaires, le décalage des horaires de promenade, l’adaptation estivale des menus ou encore l’aération renforcée des locaux, le détenu affirme n’avoir bénéficié d’aucun accès élargi aux douches. Sollicitée à ce sujet, la direction interrégionale des services pénitentiaires s’est contentée de rappeler les directives nationales existantes, sans apporter de réponse spécifique concernant la situation observée à la prison de Poitiers-Vivonne.


