Le parquet général de la cour d’appel de Rennes a requis ce mardi 16 juin 2026 huit ans de prison à l’encontre du jeune de Vertou (Loire-Atlantique) qui livrait par drone les prisons de Nantes, Angers (Maine-et-Loire), Le Mans (Sarthe), La Roche-sur-Yon (Vendée), Ploemeur (Morbihan), Rochefort (Charente-Maritime) et Vivonne (Vienne).

Pour rappel, Célestin XXX – fils d’une employée bancaire en apparence sans histoires – et sa propre mère – embauchée “depuis trente-deux ans” dans le même établissement bancaire – avaient été condamnés en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Nantes le 27 février 2026.
Le premier, qui compte déjà “dix-huit mentions” à son casier judiciaire à seulement 24 ans, avait écopé de six ans de prison ferme et 15.000 € d’amende pour avoir opéré une série de livraisons par drone dans les établissements pénitentiaires du Grand Ouest entre février et décembre 2025.
Isabelle XXX, âgée de 55 ans, avait elle été condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis pour “blanchiment” et sa demande de dispense d’inscription de cette condamnation sur la partie de son casier judiciaire accessible aux employeurs avait été rejetée. Cette mère de quatre enfants a donc sollicité devant la cour d’appel de Rennes sa “relaxe” mais surtout cette non-inscription, sans quoi elle encourt clairement “le licenciement”, lui a déjà fait savoir son employeur.
DES POLICIERS DE LA BAC AURAIENT “MENTI” A SON SUJET
Le directeur du centre pénitentiaire de Nantes avait en fait été le premier à faire “remonter” des “faits récurrents d’usage de drones” acheminant “des livraisons illicites” aux détenus de son établissement, en mars 2025. Depuis quelques semaines, “les livraisons s’intensifiaient” : elles étaient devenues “quotidiennes” et survenaient même “en pleine journée”.
Les “chaussettes” suspendues au bout des aéronefs contenaient précisément “des stupéfiants”, “des médicaments”, “des téléphones” et autres “accessoires électroniques”. L’ADN de Célestin XXX – un ancien détenu – avait été retrouvé sur un aéronef intercepté en mai 2025 : les investigations ont ensuite permis de lui attribuer “entre cinquante et quatre-vingts” livraisons dans les autres maisons d’arrêt, pour “200 €” à chaque colis.
Un “évènement notoire” était d’ailleurs survenu à Angers le 4 novembre 2025, où Célestin XXX avait perdu son drone : vers 4h30 du matin, le jeune homme aurait “foncé sur les policiers” de la Brigade anti-criminalité (BAC) qui tentaient de l’intercepter, obligeant l’un d’eux à faire feu. Le jeune avait donc initialement été mis en examen pour “tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique”
En réalité, une “vidéo” retrouvée en cours d’information judiciaire a permis d’établir que “les trois policiers ont menti”, a fait savoir Me Aristote Toussaint, l’avocat de Célestin XXX. Le pénaliste nantais a en conséquence indiqué avoir “déposé plainte” à l’encontre des trois fonctionnaires de la BAC pour leurs “fausses dénonciations”.
IL ENVISAGEAIT “PRESQUE” DE “DEPOSER UN BREVET”
Mais dans l’affaire qui occupait ce mardi matin la cour d’appel de Rennes, Célestin XXX est en revanche loin d’être été innocenté : il est même soupçonné d’avoir été à la tête de cette “petite entreprise” et évoquait “presque” avec sa maman l’idée de “déposer un brevet” alors qu’il était menacé par l’arrivée d’un concurrent “droniste”… ce qu’il conteste, expliquant avoir été un simple “exécutant”.
Des conversations interceptées avec sa mère laissent à penser qu’elle s’est rendue coupable du “blanchiment” du produit de ces livraisons : dans ces échanges, alors que le fils indique qu’il a “15.000 € à cacher”, la quinquagénaire propose “d’enterrer l’argent quelque part dans le jardin” ou de “les mettre dans un coffre”.
L’avocat général a requis dans ces conditions deux ans de prison supplémentaires à l’encontre de Célestin XXX avec une “période de sûreté” des deux tiers, pendant laquelle il ne pourra bénéficier d’aucun aménagement de peine. Le magistrat a également sollicité la “confirmation” de la peine infligée en première instance à sa mère et la condamnation de celle-ci à une amende supplémentaire de 3.000 €.
Me Aristote Toussaint a lui estimé que son client avait été victime de la “pression médiatique du ministère” autour de cette affaire. “Il fallait couper une tête”, a soufflé l’avocat nantais, qui a donc plaidé pour “une peine ferme de trois ans maximum” assortie d’une “période de sursis probatoire” pour que son jeune client ait “une épée de Damoclès importante au-dessus de la tête”. La cour d’appel de Rennes, qui a mis sa décision en délibéré, se prononcera d’ici quinze jours./CB et RB


