À Angers, l’îlot des Jacobins ouvre une nouvelle page au cœur de la cité historique
Entre la cathédrale Saint-Maurice et le château, un vaste morceau de ville longtemps resté discret va entrer dans une nouvelle phase. La Ville d’Angers lance la réflexion sur la réhabilitation de l’îlot des Jacobins, un site d’un hectare qui rassemble l’ancienne gendarmerie Saint-Maurice, l’ancien collège de la cathédrale et la place Freppel. Un projet appelé à redessiner l’un des secteurs les plus emblématiques du centre historique.

Derrière les murs de pierre et les portes parfois oubliées du grand public se cache l’un des derniers grands espaces à imaginer en plein cœur d’Angers. L’îlot des Jacobins, situé à quelques pas seulement de la cathédrale Saint-Maurice et du château, s’apprête à changer de visage.
Longtemps fermé sur lui-même, cet ensemble d’environ un hectare représente aujourd’hui une opportunité rare pour la municipalité : celle de réinventer un morceau du centre-ville tout en respectant son histoire.
« C’est une opportunité assez extraordinaire pour notre ville d’imaginer une vocation demain pour cet ensemble », souligne Jeanne Behre-Robinson, adjointe au Maire d’Angers à l’urbanisme, au logement et à la rénovation urbaine. La collectivité veut désormais prendre le temps de construire un projet « à la hauteur du lieu », en tenant compte des contraintes patrimoniales, archéologiques mais aussi des nouveaux usages attendus dans une ville confrontée aux défis climatiques.
Un site stratégique entre patrimoine et avenir
L’îlot des Jacobins ne se limite pas à un simple programme immobilier. Il concentre plusieurs bâtiments aux histoires différentes : l’ancienne gendarmerie Saint-Maurice, dont certains éléments sont protégés, mais aussi l’ancien collège privé de la cathédrale, acquis plus récemment par la Ville.
À cela s’ajoute la place Freppel, intégrée dans la réflexion globale afin d’éviter de créer deux espaces séparés. « L’idée, c’est vraiment d’avoir une vision globale et de ne pas avoir deux îlots sur lesquels il y aurait deux projets différents », explique Jeanne Behre-Robinson, adjointe au Maire d’Angers à l’urbanisme, au logement et à la rénovation urbaine.
Pour la municipalité, l’objectif est de créer un ensemble cohérent, ouvert sur la ville et relié aux grands monuments voisins.
« On est au milieu du cœur historique, entre la cathédrale et le château. On est vraiment à deux pas de l’un et de l’autre », rappelle l’élue.
Pas un projet imposé, mais une construction collective
Pour imaginer l’avenir du site, Angers a choisi une méthode particulière : celle du dialogue compétitif. Une procédure qui doit permettre de sélectionner des équipes pluridisciplinaires composées notamment d’architectes, de paysagistes ou encore de spécialistes du patrimoine.
Contrairement à un concours classique où un projet arrive déjà figé, la Ville souhaite avancer par étapes, avec des échanges successifs.
« L’idée, c’est de ne pas être prisonnier d’une vision, c’est de la co-construire avec des groupes qui vont nous challenger et nous proposer », explique Christophe Béchu, maire d’Angers.
La démarche doit durer environ 18 mois. Les premières équipes seront sélectionnées après le lancement de la procédure, avec un objectif de choix d’un partenaire en 2027.
Végétalisation, piétonisation et nouveaux usages
Si le futur visage de l’îlot reste encore ouvert, certaines orientations sont déjà posées. La Ville veut un espace plus végétalisé, plus apaisé et davantage adapté aux usages actuels.
« La question des déplacements, que ce soit à pied ou à vélo, est centrale », précise Jeanne Behre-Robinson, adjointe au Maire d’Angers à l’urbanisme, au logement et à la rénovation urbaine.
Le futur projet devra intégrer une place plus importante donnée au végétal, mais aussi une réflexion sur la manière de reconnecter ce secteur historique aux pratiques contemporaines.
« On est dans un secteur dans lequel on manque d’arbres », insiste Christophe Béchu. Pour le maire, les épisodes de fortes chaleurs rappellent l’urgence d’adapter les espaces urbains.
La municipalité imagine également des activités économiques, notamment commerciales, mais fixe déjà certaines limites. Pas question notamment d’installer des activités nocturnes susceptibles de transformer le calme de cette cité historique.
« Il est hors de question qu’il y ait des bars. On n’importera pas à l’intérieur de la cité des activités qui sont des activités nocturnes », affirme Christophe Béchu.
Un chantier complexe avec la question des vestiges
La transformation de l’îlot des Jacobins devra composer avec un autre élément : le sous-sol angevin. À proximité immédiate des grands monuments historiques, les fouilles archéologiques pourraient peser sur les choix futurs.
« Il y aura quand même la question des fouilles archéologiques et potentiellement de ce qu’on est susceptible de trouver », reconnaît le maire.
Cette réalité pourrait notamment limiter certains aménagements, comme la création éventuelle de parkings souterrains.
La Ville veut néanmoins profiter de cette contrainte pour construire un projet singulier. « L’avenir d’Angers se construit en prenant soin de son patrimoine », défend Christophe Béchu.
Un nouveau morceau de ville à écrire
Après plusieurs années durant lesquelles les bâtiments sont restés en retrait de la vie angevine, l’îlot des Jacobins entre donc dans une période de réflexion. Le calendrier est posé, mais la page reste volontairement blanche.
« Aujourd’hui, la page est blanche. On verra effectivement ce qu’on a envie de faire », résume Jeanne Behre-Robinson, adjointe au Maire d’Angers à l’urbanisme, au logement et à la rénovation urbaine.


