Un appel à la grève est lancé pour sauver les pôles d’action sociale dans la Manche

Face à des conditions de travail jugées insoutenables et un manque criant de moyens, les agents des pôles d’action sociale du département cesseront le travail au début du mois de juillet. Les organisations syndicales dénoncent une dégradation continue du service public et réclament des renforts urgents pour faire face à la précarité grandissante sur le territoire.
Une charge de travail devenue insurmontable pour les agents
Depuis l’automne dernier, les professionnels du secteur social alertent sur l’impasse dans laquelle se trouve leur mission d’accompagnement. La récente tentative de réorganisation proposée par l’administration départementale se heurte à une vive opposition, les représentants du personnel y voyant une simple redistribution d’effectifs déjà insuffisants. Les travailleurs sociaux font quotidiennement face à une population manchoise toujours plus fragilisée, générant un volume de dossiers que les équipes actuelles ne parviennent plus à absorber. Cette situation engendre un épuisement généralisé des agents, marqués par un roulement incessant du personnel encadrant et un profond sentiment d’impuissance face à la détresse du public.
Des délais d’intervention alarmants pour les publics vulnérables
Les conséquences de cette pénurie de personnel frappent de plein fouet les usagers les plus fragiles, notamment dans le domaine sensible de l’aide sociale à l’enfance. Bien que des créations de postes aient été actées il y a une demi-décennie, les effectifs sont aujourd’hui largement dépassés par l’explosion des signalements. Les dossiers d’informations préoccupantes s’empilent sur les bureaux, entraînant des délais de prise en charge déraisonnables pouvant atteindre près de deux ans. Pour endiguer cette crise et garantir la sécurité des familles, les organisations syndicales exigent la création immédiate de dix-huit équivalents temps plein spécifiquement dédiés à l’assistance éducative à domicile.
Une forte mobilisation prévue devant le siège du Département
Refusant d’accepter les arguments purement budgétaires avancés par la collectivité, les représentants des salariés dénoncent des choix politiques déconnectés de la réalité du terrain. Les données prévisionnelles concernant le volume de bénéficiaires sont considérées comme largement sous-estimées, faisant craindre un effondrement total du service social de proximité dans certaines zones géographiques. Pour faire entendre leurs revendications et réclamer des conditions de travail dignes, les agents prévoient de se réunir le vendredi 3 juillet à Saint-Lô, une date stratégiquement choisie pour coïncider avec la tenue d’une nouvelle session plénière à la Maison du Département.


