Rivières polluées : un cumul massif de micropolluants détecté dans la région

Une cartographie publiée le 29 juin 2026 par Reporterre révèle une contamination chronique des cours d’eau en Pays de la Loire. L’enquête, menée par We Report et Médiacités, montre qu’aucun département n’est épargné par les dépassements de seuils chimiques.
L’« effet cocktail » des micropolluants
Sur 189 substances recherchées (pesticides, métaux, résidus industriels et pharmaceutiques), 42 % dépassent les seuils recommandés. L’étude alerte sur l’accumulation simultanée de plusieurs molécules au même endroit, ce qui crée un « effet cocktail » pouvant amplifier leur toxicité globale.
Selon France 3 Pays de la Loire, plusieurs zones critiques sont identifiées dans la région :
- Loire-Atlantique : 11 substances en dépassement à Riaillé. Le problème est majeur puisque 80 % de l’eau potable du département provient directement de la Loire.
- Sarthe : Le Loir (notamment à Nogent-sur-Loir) et le Cher (12 molécules détectées) subissent une forte pression chimique.
Pesticides persistants et rejets de médicaments
Le métolachlore, un herbicide pourtant interdit depuis 2024, reste omniprésent dans tous les départements ligériens en raison de sa persistance dans l’environnement.
Du côté des médicaments, le Maine-et-Loire enregistre une anomalie au Coudray-Macouard, où le ruisseau de Gravelle présente une concentration de Diclofénac supérieure au seuil recommandé. Cet anti-inflammatoire est mal éliminé par les stations d’épuration classiques.
Nitrates : 3 500 dérogations accordées
L’intégralité de la région est classée en « zone vulnérable » aux nitrates. Bien que l’épandage d’engrais soit interdit en période de fortes pluies pour protéger les rivières, l’enquête révèle que 3 500 dérogations préfectorales individuelles ont été accordées aux agriculteurs des Pays de la Loire (soit un exploitant sur sept) en raison des intempéries ayant décalé les récoltes et les semis.


