Près d’Angoulême, les apiculteurs bénévoles se mobilisent pour surveiller la santé de la biodiversité

Installé à Saint-Yrieix, le rucher-école de la Grande Prairie utilise l’abeille comme un véritable indicateur de la santé environnementale locale. Face à une hausse de la mortalité des colonies à l’échelle nationale, la Société charentaise d’apiculture mise sur la formation de nombreux amateurs pour préserver les insectes pollinisateurs.
L’abeille, un capteur vivant des dérèglements de l’écosystème
Fondée il y a plus d’un siècle, la Société charentaise d’apiculture a implanté son rucher-école dans une zone boisée facilement accessible de l’agglomération d’Angoulême, offrant une grande diversité de fleurs aux colonies. Pour les bénévoles qui inspectent minutieusement les cadres en bois chaque week-end, l’enjeu dépasse la simple production de miel. L’état de santé des ruches sert de baromètre à l’écosystème agricole et floral de la région.
D’après France 3 Nouvelle Aquitaine, cette surveillance citoyenne intervient dans un contexte national préoccupant. L’enquête annuelle sur la mortalité hivernale des colonies montre une recrudescence des pertes, atteignant 21,88 % pour la période 2024-2025 (contre 18,42 % l’année précédente). Les spécialistes attribuent principalement cette fragilisation à la pression du frelon asiatique, aux attaques du parasite Varroa destructor et à l’impact des pesticides, qui réduisent notamment l’espérance de vie des reines.
L’importance cruciale des petits ruchers pour la pollinisation
Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), plus de 75 % des cultures vivrières mondiales dépendent directement de la pollinisation. En Europe, cette activité naturelle représente un apport estimé à 153 milliards d’euros par an.
Face à ce défi écologique et économique, les responsables de l’association rappellent que la sauvegarde des écosystèmes repose sur la multiplication des petits élevages familiaux. En apprenant aux particuliers à diviser les ruches et à entretenir de petites colonies de manière responsable, le rucher-école contribue à maintenir une densité suffisante d’insectes pollinisateurs sur le territoire charentais.


