Trottinettes électriques, vélos, stationnement sur les trottoirs, excès de vitesse… La Ville d’Angers veut renforcer son action en matière de sécurité routière. Présenté notamment par Anthony Lusson, adjoint à la Sécurité, le nouveau plan repose sur quatre axes : pédagogie, contrôle, sanction et communication. Avec un objectif affiché : faire évoluer les comportements dans une ville où les usages de l’espace public ont fortement changé ces dernières années.

À Angers, les nouveaux modes de déplacement ont changé les comportements
À Monplaisir, à l’occasion d’une journée consacrée à la sécurité routière organisée avec la sécurité routière et la préfecture, la Ville d’Angers a détaillé son nouveau plan d’action. Celui-ci avait été adopté quelques jours auparavant à l’unanimité par le conseil municipal. La sécurité routière constitue l’un des volets de ce plan global, avec une volonté affichée de mieux répondre aux nouvelles pratiques de déplacement.
Anthony Lusson souligne notamment l’évolution rapide de la mobilité à Angers. « En six ans, si on se replonge six ans en arrière, les trottinettes électriques n’existaient pas. Il y avait peu de vélos électriques, donc les comportements ont changé. Les travaux qui ont été menés dans la ville ont permis aussi de laisser plus de place aux vélos. Et donc aujourd’hui, il faut sans doute réguler ces comportements », explique l’adjoint à la Sécurité.
Pour la municipalité, cette régulation doit passer à la fois par la prévention et par la sanction. Le plan présenté s’articule ainsi autour de quatre axes : la pédagogie, le contrôle, la sanction et la communication. Une approche qui vise notamment les comportements constatés sur les trottoirs, les plateaux piétonniers, aux abords des écoles ou encore sur les axes où la vitesse reste jugée excessive.
Près de 1 400 interventions de la police municipale en 2025
Les chiffres présentés par la Ville illustrent cette volonté de renforcer les contrôles. En 2025, la police municipale d’Angers a enregistré près de 1 400 interventions pour des infractions liées à la circulation routière, soit une hausse annoncée de 30 % par rapport à 2024. Parmi ces interventions, environ 500 verbalisations concernaient des trottinettes.
La vidéoverbalisation fait également partie des outils utilisés par la municipalité. Près de 1 800 vidéoverbalisations ont été réalisées en 2025 à l’échelle de la ville, notamment pour des stationnements gênants et des infractions au Code de la route.
La Ville entend désormais aller plus loin avec des opérations de contrôle routier organisées chaque semaine. Des équipes de la police municipale pourront être mobilisées pour des opérations ciblées, notamment sur les trottinettes et les excès de vitesse. Des radars pédagogiques doivent également être davantage déployés sur les axes où les vitesses pratiquées posent problème.
« On va pouvoir, grâce à la hausse des effectifs, mettre en place des opérations de contrôle routier hebdomadaire. Donc ça, c’est la proposition de notre directeur, de pouvoir mobiliser les équipes, pour pouvoir aussi faire des opérations coup de poing sur les trottinettes, sur les contrôles radar », détaille Anthony Lusson. La police municipale dispose également de radars permettant de sanctionner les excès de vitesse.
Trottinettes : fourrière, contrôles et interdiction sur les plateaux piétonniers
La question des trottinettes électriques occupe une place importante dans ce nouveau dispositif. Depuis le début de l’année 2026, 33 trottinettes ont été placées en fourrière selon les chiffres présentés lors de la réunion, tandis que huit ont été détruites. La Ville souhaite désormais que la mise en fourrière soit facturée à leurs propriétaires, sur le modèle de ce qui existe pour les véhicules.
La municipalité rappelle également l’interdiction, depuis le 1er septembre, de la circulation des trottinettes électriques et de certains véhicules électriques sur les plateaux piétonniers. La règle concerne notamment les engins fonctionnant entièrement au moteur, contrairement aux vélos à assistance électrique classiques qui disposent toujours d’un pédalier.
Cette distinction reste toutefois difficile à comprendre pour une partie des usagers. La Ville reconnaît donc qu’un important travail de pédagogie doit accompagner les nouvelles règles. Les vélos à assistance électrique restent autorisés sur les plateaux piétonniers lorsqu’ils circulent à la vitesse du pas, comme les vélos classiques.
Anthony Lusson insiste sur cette nécessité d’expliquer les règles plutôt que de simplement multiplier les sanctions : « Il y a une subtilité qui n’est pas simple à comprendre et c’est à nous de faire de la pédagogie. L’objectif, c’était évidemment déjà de faire ralentir tout le monde et cet objectif, je pense qu’il est déjà atteint. »
Dix policiers municipaux supplémentaires et une équipe dédiée aux écoles
La prévention doit commencer dès le plus jeune âge. La Ville prévoit notamment de renforcer les interventions dans les établissements scolaires. Dix policiers municipaux supplémentaires doivent rejoindre les effectifs à partir de l’année prochaine. Parmi eux, deux agents seront spécifiquement référents pour les interventions en milieu scolaire.
La piste de sécurité routière de La Baumette doit également être rénovée afin de redevenir un véritable outil pédagogique pour les écoles. La municipalité souhaite y développer des actions permettant aux enfants de mieux comprendre les règles de circulation et les comportements à adopter dans l’espace public.
La pédagogie passera aussi par les enfants eux-mêmes. La Ville envisage notamment de mettre en place des ambassadeurs de la sécurité routière, avec l’idée de faire participer les élèves à la création d’un slogan de prévention. Une manière de faire passer les messages de sécurité routière jusque dans les familles.
Des travaux d’intérêt général pour certaines infractions routières
Autre volet annoncé : le recours aux travaux d’intérêt général, les fameux TIG. La Ville d’Angers souhaite pouvoir accueillir des personnes condamnées à effectuer ce type de peine dans le cadre d’infractions routières.
Le dispositif repose sur une collaboration avec la justice et notamment sur les échanges engagés avec le nouveau procureur de la République d’Angers. La municipalité s’est déclarée volontaire pour proposer des missions au sein de ses services.
« Nous, la Ville d’Angers, nous sommes volontaires pour accueillir des personnes qui pourraient être condamnées dans le cadre d’infractions routières », explique Anthony Lusson. L’idée serait notamment de permettre à des personnes condamnées pour certaines infractions, comme l’usage du téléphone au volant ou un défaut d’assurance, d’effectuer leur peine sous la forme d’un travail d’intérêt général au sein de la collectivité.
La Ville imagine déjà des missions concrètes. La rénovation et l’entretien de la piste de sécurité routière de La Baumette pourraient notamment constituer l’un de ces chantiers. Le principe serait alors de faire participer les personnes condamnées à la remise en état d’un équipement directement lié à la prévention routière.
Une campagne de communication volontairement choc
Dernier axe du plan : la communication. La Ville d’Angers prépare une campagne qui doit être visible dans l’espace public à partir du mois d’octobre. Son objectif est de montrer les conséquences possibles de comportements qui peuvent parfois sembler anodins.
Le stationnement sur un trottoir, par exemple, peut contraindre une personne en fauteuil roulant, une personne âgée ou un parent avec une poussette à emprunter la chaussée. De la même manière, une trottinette débridée circulant à vitesse élevée sur un espace piétonnier peut exposer les autres usagers à un risque de collision.
La municipalité veut donc privilégier une communication visuelle et directe, inspirée des campagnes nationales de sécurité routière. « On a souhaité assumer une communication qui ne laisse aucune ambiguïté sur les risques et les conséquences des mauvais comportements », explique Anthony Lusson. Les affiches doivent notamment mettre en scène les conséquences que peuvent avoir les comportements dangereux, notamment sur les trottoirs, aux abords des écoles et sur les plateaux piétonniers.
Aux abords des écoles, le stationnement reste dans le viseur
Le stationnement anarchique constitue justement l’un des sujets sur lesquels la municipalité souhaite insister. Aux heures d’entrée et de sortie des écoles, certains automobilistes stationnent sur les trottoirs ou les pistes cyclables afin de déposer leurs enfants.
Pour les piétons, les conséquences peuvent être immédiates : poussettes et personnes à mobilité réduite doivent parfois contourner les véhicules et se retrouver sur la chaussée. La future campagne de communication doit également s’attaquer à ces situations du quotidien.
Plus largement, la Ville entend poursuivre les contrôles et les actions de sensibilisation sur l’ensemble de l’espace public. L’objectif affiché est de parvenir à une meilleure cohabitation entre piétons, cyclistes, utilisateurs de trottinettes et automobilistes, alors que les pratiques de déplacement ont profondément évolué à Angers en quelques années.
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