À Angers, ces deux tombes révèlent des histoires méconnues de la Seconde Guerre mondiale

À l’occasion de la cérémonie du 1er novembre au cimetière de l’Est, à Angers, deux histoires longtemps méconnues seront mises en lumière. Le Souvenir Français rendra hommage à Mejlach Honiksfeld, juif polonais mort en prison après avoir refusé de porter l’étoile jaune, et révélera l’histoire de Johann Michalski, un soldat allemand exécuté par ses propres compatriotes en 1944.
Le cimetière de l’Est, à Angers, sera le théâtre de deux moments de mémoire particuliers ce dimanche 1er novembre 2026. À 11 heures, dans le cadre de la cérémonie à la mémoire et à la glorification des héros morts pour la patrie, le Souvenir Français mettra en lumière deux destins marqués par les persécutions et les silences de la Seconde Guerre mondiale.
Derrière ces deux sépultures se trouvent des histoires longtemps dissimulées, que l’association entend aujourd’hui rétablir pour rendre aux défunts leur identité et leur place dans l’histoire.
Mejlach Honiksfeld, mort en prison après avoir refusé l’étoile jaune
Violoniste et horloger juif d’origine polonaise, Mejlach Honiksfeld avait 47 ans lorsqu’il est arrêté à Angers, le 7 juin 1942. Son arrestation intervient après son refus de porter l’étoile jaune, imposée aux Juifs dans le cadre des persécutions antisémites de l’Occupation.
Il meurt le 20 juin 1942 à la prison d’Angers. Après la guerre, son épouse et sa fille découvrent une situation particulièrement troublante : il a été enterré sous la mention de « soldat musulman ».
Des décennies plus tard, le Souvenir Français entreprend de corriger cette erreur et de redonner à sa sépulture son véritable sens. Sa petite-fille, Géraldine Meyer, sera présente pour découvrir les travaux réalisés sur la tombe.
La mention de soldat a été supprimée et l’étoile de David, gravée autrefois par sa veuve puis effacée par le temps, a été restaurée. Une plaque d’information permettra également aux visiteurs de connaître son histoire.
Elle portera cette inscription : « Mejlach Honiksfeld, 47 ans. Violoniste et horloger polonais. Époux d’Hildegarde, père de Jeanne. Mort le 20 juin 1942 à la prison d’Angers après avoir refusé de porter l’étoile jaune ».
Cette démarche vise à rétablir la vérité sur son parcours, mais aussi à transmettre aux générations futures l’histoire d’un homme mort après avoir refusé de se soumettre à une mesure antisémite.
Johann Michalski, un soldat allemand exécuté par les siens
La seconde séquence de cette cérémonie permettra de révéler l’histoire de Johann Michalski, un jeune soldat allemand de 20 ans exécuté par les autorités allemandes le 9 février 1944.
Le motif retenu à l’époque était celui d’une « conduite déshonorante ». Contrairement aux autres soldats allemands morts à Angers, il n’a pas été enterré dans leur carré. Son identité a été dissimulée sous le nom de « Johannes Michelsky, Polonais, Fusillé ».
Il a ainsi été inhumé parmi les victimes civiles et militaires françaises de la guerre, sans que sa véritable identité soit connue.
La découverte de cette sépulture par le Souvenir Français a permis de faire émerger un épisode méconnu de l’histoire de l’Occupation. L’association travaille désormais avec les autorités allemandes à un projet de réinhumation dans le cimetière militaire allemand de Pornichet, en Loire-Atlantique.
Prévue en 2027, cette opération doit s’accompagner d’une démarche de réhabilitation mémorielle. L’objectif est de restituer à ce soldat son identité et de reconnaître son histoire, malgré les circonstances de son exécution par son propre camp.
Une rose pour accompagner le travail de mémoire
Le lancement de cette démarche sera marqué par un geste symbolique. Sophie Paré, cofondatrice de l’association franco-allemande Rencontre et réconciliation, déposera un bouquet de roses sur la sépulture.
Laure Rondeau-Desroches, adjointe au maire d’Angers, offrira ce bouquet composé d’une nouvelle variété de rose, récemment baptisée lors du Salon du végétal. La Ville d’Angers a retenu cette variété pour fleurir les centaines de sépultures des Morts pour la France dans les cimetières angevins.
À travers ces deux histoires, la cérémonie du 1er novembre dépassera le cadre de l’hommage traditionnel. Elle rappellera que le travail de mémoire passe aussi par la recherche des identités, la correction des erreurs et la reconnaissance de destins que la guerre a laissés dans l’ombre.
Informations pratiques : la cérémonie se déroulera dimanche 1er novembre 2026, à 11 heures, au cimetière de l’Est, à Angers.
en partenariat avec REGIEPRO


