Agriculture

Deux agriculteurs du Maine-et-Loire en garde à vue après l’occupation du ministère de l’Agriculture

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Poitout/ABACAPRESS.COM

La mobilisation nationale de la Confédération paysanne a tourné à la répression ce mardi à Paris. Deux agriculteurs du Maine-et-Loire ont été placés en garde à vue après une action pourtant pacifique. Le syndicat dénonce une criminalisation de la colère paysanne, notamment celle des paysans des DROM.

Ce mercredi après-midi, plus de 150 paysans de la Confédération paysanne, venus de toute la France dont une importante délégation des départements et régions d’outre-mer (DROM), ont occupé le ministère de l’Agriculture à Paris. Parmi les personnes interpellées figurent deux agriculteurs du Maine-et-Loire (49), membres de la Confédération paysanne, actuellement placés en garde à vue. Le syndicat exige leur libération immédiate.

Une action pacifique, une réponse policière massive

À pied et sans aucune violence, les manifestant·es ont pénétré dans le hall de la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE). Des banderoles ont été déployées à l’intérieur du bâtiment et sur ses grilles, dénonçant l’emprise des lobbys agro-industriels et appelant à la « décolonisation » de l’agriculture.

Malgré le caractère pacifique de l’action, la réponse des autorités a été brutale. Plus de 50 paysans ont été interpellés, dont les trois porte-parole nationaux de la Confédération paysanne. Le président de la chambre d’agriculture de Guyane ferait également partie des personnes arrêtées. Plus de dix gardes à vue ont déjà été prononcées, parmi lesquelles celles des deux agriculteurs du Maine-et-Loire.

Les manifestant·es ont une nouvelle fois été nassé·es par les forces de l’ordre, avec l’intervention de la BRAV-M. Plusieurs journalistes ont également été empêchés de filmer cette mobilisation, pourtant organisée par un syndicat agricole représentatif.

Une colère partagée entre l’Hexagone et les DROM

Cette mobilisation fait écho à la colère qui s’exprime depuis plusieurs semaines dans l’Hexagone, notamment autour de la gestion de la crise de la dermatose nodulaire ou du projet d’accord de libre-échange UE-Mercosur. Des sujets qui résonnent fortement avec les réalités vécues par les paysans des DROM.

Ces dernier·es dénoncent depuis des décennies une posture condescendante et néocoloniale de l’État français. En première ligne des accords de libre-échange, les territoires ultramarins subissent des importations massives en provenance de pays aux normes sociales et environnementales bien moins-disantes. L’accord UE-Mercosur constituerait, selon la Confédération paysanne, une nouvelle atteinte grave à la souveraineté alimentaire.

POSEI : des aides à refondre d’urgence

Au cœur des revendications figure également la répartition jugée profondément injuste des aides POSEI (programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité). Pour le syndicat, ce dispositif favorise avant tout les intérêts des grands groupes agro-industriels et de quelques familles dominantes, au détriment des paysan·nes et des populations locales.

La Confédération paysanne réclame une refonte urgente de ces aides : un accès élargi à toutes et tous, un plafonnement des montants, et une redistribution équitable en faveur des producteur·rices engagé·es pour la souveraineté alimentaire locale. Elle demande également la fin des rentes dans certaines filières, notamment la banane et la canne-sucre-rhum.

Enfin, une augmentation significative dès 2026 des enveloppes agricoles pour la Guyane et Mayotte est jugée indispensable afin de répondre aux besoins réels de développement agricole de ces territoires.

Alors que deux agriculteurs du Maine-et-Loire restent privés de liberté, la Confédération paysanne dénonce une dérive autoritaire et appelle à la libération immédiate de l’ensemble des personnes placées en garde à vue, ainsi qu’à une véritable écoute du monde paysan.

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