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Les bailleurs sociaux viennent au secours des promoteurs privés et prévoient la créations de 875 logements sur l’agglomération.

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Dans un temps des tensions pesant notamment sur les habitants en recherche de logement mais aussi le secteur du bâtiment, la communauté urbaine constate un risque de retard ou d’annulation d’une trentaine de projets, équivalant à 2 000 logements.

Depuis 2018, Angers Loire Métropole connait une production de logements importante, avec près de 2 150 logements construits chaque année en moyenne. Une dynamique qui trouve sa source à la fois dans l’attractivité de la Métropole, conjuguée au volontarisme et à l’engagement des élus en termes d’aménagement et de construction. Le tout dans l’objectif de répondre aux besoins en logement pour tous sur le territoire.

Une dynamique stoppée par la tension du secteur logement

Mais malgré les efforts des différents acteurs du secteur, cette dynamique a été « battue en brèche », dixit le maire d’Angers et président d’Angers Loire Métropole Jean-Marc Verchère. Du fait notamment de la hausse drastique des taux d’intérêts, « la production pourrait être diminuée assez vite et durablement ». En effet, la commercialisation de logements est ralentie, alors que les besoins restent les mêmes.

D’où une baisse du carnet de commandes pour le bâtiment, alors que « le maintien d’un rythme régulier de construction est nécessaire ». Yannis Borjon-Piron, président de l’antenne angevine de la Fédération Française du Bâtiment, souligne que beaucoup d’entreprises ont une activité de construction « pour cinq ou six mois », mais pas après ; elles, mais aussi leurs fournisseurs et les salariés et apprentis risquent d’en pâtir.

Les bailleurs ou le rôle « contracyclique »

Dans ce cercle vicieux, Angers Loire Métropole constate que sur neuf de ses communes, une trentaine de projets risquent d’être retardés ou même de ne pas sortir de terre, ce qui concerne directement 2 000 logements, soit le rythme d’un an de production. Le rôle des bailleurs sociaux est à cet égard primordial, dit « contracyclique » (autrement dit, une politique budgétaire qui adopte les tendances inverses de celles du cycle économique conjoncturel.) par les représentants de Podeliha, de CDC Habitat ou de Maine-et-Loire Habitat car investisseur même en tension actuelle.

875 logements sont susceptibles d’être rachetés par les bailleurs, encouragés par l’agglomération. Livrés entre fin 2024 et fin 2026, 1/4 d’entre eux deviendraient logements sociaux, les 3/4 restants seraient intermédiaires. Car c’est là que les tensions sont les plus fortes, impactant les classes moyennes au budget trop faible pour s’acheter un logement du marché libre ancien, et pas prioritaire pour les logements sociaux.

Les loyers moyens s’élèvent de 5 à 7 euros du mètre carré pour les logements sociaux, de 8 à 10 pour les intermédiaires et de 13 ou 14 euros pour le libre ancien. Le plafond de ressources pour prétendre à ces fameux logements intermédiaires est lui d’environ 30 000 euros par an.

Garantie d’emprunt destinée aux bailleurs pour le rachat en plus de la construction

A cet égard, le rôle d’Angers Loire Métropole est d’accompagner les bailleurs, en leur apportant des aides quand ils font construire des logements eux-mêmes. Mais cela va évoluer vers une véritable garantie d’emprunt, qui fonctionnera aussi quand les bailleurs rachètent à des promoteurs privés des bâtiments pour en faire des logements sociaux. Un « plan de relance », ou de soutien, qui prendrait aussi la forme d’une aide à l’accession au logement. Le conditionnel est de mise, car ces propositions seront votées au conseil communautaire du 12 février.

Un plan de secours envers les promoteurs privés à une faille annoncée en premier lieu « commerciale », puis « économique » par Roch Brancour, marché tendu, prêts aux particuliers non accessibles, hausse des taux d’emprunt.

A demi-mot « les premières négociations laissaient tendre que certains promoteurs auraient souhaité garder un peu de marge commerciale, nos dernières négociations reflètent les prix de tendance à l’achat d’un programme immobilier comme nous en construisons, c’est du gagnant/gagnant et nous venons en soutien au juste prix », indique un bailleur social angevin.