Affichage politique en dehors des panneaux : la mairie d’Angers réclame plus de 24 000 € au NPA-R

Une fête locale organisée le 11 octobre 2025 par le NPA-R (Nouveau Parti anticapitaliste – Révolutionnaires) est aujourd’hui au centre d’un conflit avec la municipalité d’Angers. En cause : une campagne d’affichage menée pour annoncer l’événement, comprenant environ quatre cents affiches, dont une partie collée sur des panneaux d’affichage libre, et d’autres en dehors de ces emplacements.
Plusieurs semaines après l’événement, la mairie d’Angers a adressé au collectif une facture dépassant les 24 000 euros, correspondant, selon la municipalité, aux frais engagés pour le retrait et le nettoyage des affiches jugées irrégulières. Une somme que le NPA-R considère comme « totalement disproportionnée » et qu’il interprète comme une atteinte directe à la liberté d’expression politique.
Un cadre légal qui autorise la sanction, mais pose question sur son ampleur
La loi encadre strictement l’affichage sur l’espace public. En dehors des emplacements prévus à cet effet, notamment les panneaux d’affichage libre, le collage d’affiches est interdit et peut donner lieu à des sanctions. Les collectivités sont en droit de procéder à la dépose des affiches et de réclamer le remboursement des frais engagés pour la remise en état.
Toutefois, si le principe de la sanction est légal, le montant réclamé reste au cœur de la controverse. Pour le collectif, la facture présentée par la mairie dépasse largement les coûts réels de nettoyage et s’apparente davantage à une mesure dissuasive visant à décourager toute expression politique contestataire dans l’espace public.
Des panneaux d’affichage libre de plus en plus rares à Angers
Le NPA-R explique également que l’affichage hors panneaux libres n’est pas le fruit d’un choix délibéré, mais la conséquence directe de la rareté croissante de ces espaces d’expression à Angers. Selon les chiffres avancés par le collectif, 70 panneaux d’affichage libre ont été supprimés en quarante ans, pour seulement sept nouvelles implantations.
Or, la loi impose aux communes de mettre gratuitement à disposition des surfaces destinées à l’affichage d’opinion, afin de garantir la liberté d’expression politique, syndicale et associative. Une obligation que de nombreux collectifs estiment insuffisamment respectée, tant en nombre de panneaux qu’en accessibilité réelle.
Une contestation politique assumée
Pour le NPA-R, cette affaire dépasse le simple cadre administratif. Le collectif parle d’une tentative d’intimidation politique et affirme vouloir protester publiquement contre la décision municipale. Il dénonce une politique de restriction progressive de l’expression politique dans l’espace public, qui toucherait en priorité les organisations militantes disposant de peu de moyens financiers.
« Faire peser une telle somme sur une organisation militante, c’est chercher à faire taire une parole politique révolutionnaire », affirme le collectif, qui envisage des recours et des mobilisations pour contester la légitimité et le montant de la sanction.


