Charente
Doigt sectionné dans une entreprise du Cognaçais : le tribunal d’Angoulême condamne la société
Une entreprise du Cognaçais a été reconnue responsable de manquements à ses obligations de sécurité, mercredi par le tribunal correctionnel d’Angoulême. À l’issue du délibéré, la société a écopé de 5 000 euros d’amende pour défaut de prévention des risques professionnels, auxquels s’ajoutent 800 euros de contravention pour blessures involontaires.
Selon La Charente Libre, ’affaire avait été examinée lors de l’audience du 7 janvier dernier. Elle remonte à février 2024, lorsqu’un jeune intérimaire employé comme manutentionnaire s’était grièvement blessé en manipulant une perceuse.
Une manipulation qui tourne mal
Ce jour-là, le salarié devait éliminer des aspérités dans des pièces métalliques, en « nettoyant » des trous à l’aide d’une perceuse. Alors que l’outil était encore en marche, il a tenté de changer le foret. La mèche s’est alors accrochée à son gant, provoquant la section d’un doigt.
Conséquence directe : 35 jours d’incapacité temporaire de travail. L’enquête a mis en cause plusieurs défaillances, notamment la fourniture de gants inadaptés et une formation jugée insuffisante à ce poste précis.
Le dirigeant conteste, la justice tranche
À la barre, le chef d’entreprise avait rejeté toute responsabilité, estimant que l’accident était dû à une erreur de manipulation. Selon lui, « c’est parce qu’il a changé le foret alors que la machine tournait. Même s’il avait eu des gants à sa taille, il se serait blessé quand même. » Il avait également précisé que, d’après l’organisation interne, « ce n’était pas à lui de changer le foret ».
La défense avait plaidé la relaxe. Le tribunal n’a pas suivi cette argumentation, considérant que l’employeur n’avait pas suffisamment garanti la sécurité du salarié intérimaire ni encadré correctement son intervention.
La condamnation prononcée confirme la responsabilité pénale de l’entreprise dans cet accident du travail.