L’opposant politique russe Alexeï Navalny est mort, selon les services pénitentiaires
L’opposant politique Alexeï Navalny est mort, a annoncé vendredi le service pénitentiaire de la région de Yamal-Nenets, dans la région arctique russe, où il avait été transféré en décembre pour...

L’opposant politique Alexeï Navalny est mort, a annoncé vendredi le service pénitentiaire de la région de Yamal-Nenets, dans la région arctique russe, où il avait été transféré en décembre pour y purger sa peine de prison.
Dans un communiqué publié sur son site internet, l’administration pénitentiaire écrit qu’Alexeï Navalny, qui était âgé de 47 ans, s’est “senti mal” après une promenade vendredi et a “presque immédiatement perdu conscience”.
L’intervention des médecins n’a pas permis de le sauver, ajoute-t-elle.
Le Kremlin a dit ne pas avoir d’information sur les causes de la mort d’Alexeï Navalny, bête noire du président Vladimir Poutine qui briguera un nouveau mandat dans quelques semaines, précisant que “des vérifications” sont en cours.
L’un des proches de l’opposant militant anti-corruption, Leonid Volkov, de même que le lauréat du prix Nobel de la paix Dmitri Mouratov, ont dénoncé un “meurtre”.
“Je suis convaincu que ses conditions de détention ont conduit à sa mort”, a déclaré le rédacteur en chef du journal d’opposition Novaïa Gazeta, interdit par Moscou.
Le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a pour sa part dénoncé le “système d’oppression” russe.
“Alexeï Navalny a payé de sa vie sa résistance à un système d’oppression. Sa mort en colonie pénitentiaire nous rappelle la réalité du régime de Vladimir Poutine. À sa famille, ses proches et au peuple russe, la France présente ses condoléances”, a-t-il écrit sur la plateforme X (ex-Twitter).
L’opposant avait été victime en 2020 d’une tentative d’empoisonnement à l’agent neurotoxique novitchok, pour laquelle il avait été soigné en Allemagne avant de retourner en Russie, où il avait été aussitôt emprisonné.
Ses conditions de détention s’étaient depuis progressivement durcies, à mesure que sa peine s’allongeait. Alexeï Navalny avait été transféré en décembre dernier de la région de Moscou vers la colonie pénitentiaire IK-3 à Kharp, dans la région de Yamal-Nenets, à environ 1.900 km au nord-est de la capitale russe.
Son avocate avait déclaré l’an dernier qu’il présentait des symptômes laissant penser à un lent empoisonnement. “Nous n’excluons pas qu’en ce moment même, Alexeï Navalny soit lentement empoisonné, tué à petit feu afin de moins attirer l’attention”, avait-elle écrit sur Twitter.


