Inondations : le pont de Bouchemaine fermé, nouvelles restrictions de circulation, Angers se prépare à plusieurs jours difficiles

La montée des eaux se prolonge et change désormais de dimension à Angers. Réunis en cellule de crise autour du maire Christophe Béchu, de la présidente du Département Florence Dabin, du préfet François Pesneau et de la ministre Françoise Gatel, les services publics ont confirmé ce jeudi matin que la décrue attendue n’aura pas lieu immédiatement dans l’agglomération d’Angers.
Le niveau de la Maine continue de se maintenir à un seuil inhabituellement élevé, autour de 6,25 mètres, après avoir déjà dépassé les prévisions de la veille. « Nous pensions amorcer une baisse mais la Loire remonte légèrement. Elle recrée un effet de bouchon et empêche la rivière de descendre », explique Christophe Béchu. « Nous entrons dans une situation que nous n’avions pas connue depuis le début des années 2000 et il n’y a aucune perspective de baisse significative avant plusieurs jours. »
Le pont de Bouchemaine fermé et des routes coupées
Dans ce contexte, les décisions se durcissent. Le Pont de Bouchemaine est désormais fermé à la circulation après l’inondation du giratoire d’accès à Bouchemaine. D’autres axes sont également coupés autour de Chalonnes-sur-Loire et en direction de Mûrs-Erigné, obligeant à de longs contournements. « Nous allons continuer à fermer des voies de manière très fine selon l’évolution heure par heure », prévient le maire.
La préfecture confirme que la situation pourrait durer tout le week-end. « Nous n’avons pas encore atteint un plateau. Tant que la Loire reste haute, la Maine ne peut pas baisser », indique le préfet François Pesneau. Les digues sont surveillées quotidiennement et aucun risque immédiat de rupture n’est constaté, mais la vigilance reste maximale.
Des secours mobilisés et appel à la prudence
Sur le terrain, les moyens sont renforcés. Une cinquantaine de pompiers sont mobilisés en permanence avec des renforts extérieurs et des embarcations réparties sur les communes touchées. Florence Dabin appelle à la prudence. « Quand on voit la montée des eaux, certains peuvent être tentés de passer malgré les interdictions. Il ne faut pas prendre de risques inutiles. Nos équipes sont déjà pleinement engagées. »
L’accès au CHU d Angers reste possible mais par un itinéraire spécifique afin de préserver les urgences. Des établissements accueillant des personnes vulnérables sont suivis en continu et des évacuations pourraient être décidées si la crue se prolonge.
L’État promet un accompagnement
Venue soutenir les élus locaux, la ministre Françoise Gatel a assuré que l’État accompagnerait les collectivités. « La procédure de catastrophe naturelle sera examinée rapidement et les dispositifs financiers seront activés. Nous resterons aux côtés des habitants jusqu’au retrait complet de l’eau. »
À ce stade, les autorités s’attendent désormais à une crue longue plutôt qu’à un pic brutal. « Il faut se préparer à vivre plusieurs jours avec ces niveaux élevés », conclut Christophe Béchu. « Les consignes de sécurité ne sont pas symboliques, elles sont la seule manière d’éviter les accidents. »


