Un inventaire grandeur nature pour mieux protéger l’île de Ré

La Communauté de communes de l’île de Ré va lancer, dès 2026, un vaste recensement de la biodiversité. Pendant deux ans, naturalistes et scientifiques vont étudier habitats, faune et flore afin d’actualiser les connaissances environnementales du territoire et adapter les politiques de préservation selon Le Sud Ouest.
Un inventaire pour mieux connaître les milieux naturels
La Communauté de communes de l’île de Ré a annoncé, mardi 3 mars, le lancement d’un important programme de recensement de la biodiversité à partir de 2026. Cette étude, qui s’étalera sur deux ans, doit permettre d’actualiser les données environnementales de l’île, dont le dernier inventaire remonte à 2014.
L’objectif est clair : mieux connaître les milieux naturels afin d’adapter les actions de préservation et de gestion. « Un prérequis indispensable pour bien gérer les espaces naturels », souligne l’intercommunalité dans un communiqué.
La première étape consistera à réaliser une cartographie détaillée des différents habitats présents sur le territoire. Les naturalistes identifieront notamment les lagunes, les prés-salés ou encore les dunes boisées, aussi bien dans les zones naturelles que dans les espaces urbains et périurbains.
Une attention particulière portée aux espèces rares
Au-delà des habitats, l’étude portera également sur la flore. Les experts se concentreront en particulier sur les espèces dites patrimoniales, considérées comme rares ou protégées.
Parmi elles figurent notamment l’Œillet des dunes ou encore le Lis maritime, deux plantes emblématiques des milieux littoraux qui nécessitent une surveillance particulière.
La faune fera également l’objet d’inventaires précis. Les amphibiens, certains reptiles comme la Vipère aspic, ainsi que les insectes pollinisateurs seront notamment observés et recensés.
L’ADN environnemental pour étudier les poissons des marais
Fait notable dans ce programme : les poissons présents dans les marais seront recensés grâce à une technique innovante appelée ADN environnemental.
Cette méthode consiste à analyser l’ADN présent dans des échantillons d’eau. Les organismes vivants laissent en effet des traces génétiques dans leur environnement, via leurs sécrétions ou la perte d’écailles. L’analyse de ces fragments d’ADN permet ainsi d’identifier les espèces présentes dans un milieu sans avoir à les capturer.
Selon la Communauté de communes, cette technique n’avait encore jamais été utilisée dans le cadre de ses études environnementales.
Les habitants invités à participer
L’intercommunalité souhaite également associer les habitants à cette démarche scientifique. Plusieurs ateliers de médiation seront organisés au printemps afin de sensibiliser le public et de partager les observations réalisées sur le terrain.
Ces rencontres porteront notamment sur les pollinisateurs, l’avifaune, mais aussi sur certaines espèces comme le Crapaud calamite ou la vipère aspic.
À terme, les résultats de ce recensement pourraient orienter les futures politiques d’aménagement du territoire. Des recommandations pour la protection de la biodiversité pourraient notamment être intégrées au Plan local d’urbanisme intercommunal actuellement en cours de révision.


