Maine-et-Loire. Après les crues, le chemin de halage de la Mayenne coupé pour plusieurs semaines
Les promeneurs ont trouvé barrières et rubalise là où, il y a encore quelques semaines, s’étirait un ruban paisible au bord de l’eau. Entre Cantenay-Épinard et La Jaille-Yvon, le chemin de halage de la Mayenne a été fermé par le Département, conséquence directe des crues de février qui ont profondément marqué les berges.
Sur près de 30 kilomètres, la balade est devenue impraticable. Des troncs d’arbres couchés, des amas de branchages charriés par le courant, des dépôts de vase parfois épais de plusieurs centimètres… et surtout des portions de berges fragilisées qui inquiètent. « Le risque d’effondrement n’est pas à exclure par endroits », glisse un agent mobilisé sur le terrain. Dans ces conditions, la fermeture s’est imposée, et pour une durée qui reste, à ce stade, inconnue.
Un axe très fréquenté à l’arrêt
Habituellement très prisé dès les premiers beaux jours, le chemin de halage est bien plus qu’un simple sentier de promenade. Il constitue l’un des axes majeurs de la Vélo Francette (V43), reliant l’Anjou à la Normandie. Cyclotouristes, joggeurs, familles : tous devront revoir leurs habitudes en ce début de saison.
Au fil des jours, les habitués découvrent un paysage transformé. « On ne reconnaît plus certains passages », confie un riverain croisé à Montreuil-Juigné. « La rivière a tout emporté sur son passage. »
Des détours sous contrainte
Pour maintenir une continuité, un itinéraire de substitution est proposé aux cyclistes. Depuis Angers, la voie verte vers Avrillé et Montreuil-Juigné reste praticable. Ensuite, il faut quitter les bords de Mayenne pour s’enfoncer dans le réseau secondaire : direction La Membrolle-sur-Longuenée, puis Le Lion-d’Angers, avant de rejoindre La Jaille-Yvon via la RD187.
Un parcours moins bucolique, et surtout plus exigeant. Ici, les cyclistes partagent la route avec les voitures. « Ce n’est pas dangereux si on reste prudent, mais ce n’est pas le même confort », reconnaît un amateur de vélo de randonnée. Des panneaux de jalonnement doivent être installés progressivement pour guider les usagers, mais le détour allonge inévitablement les distances.
Un chantier de longue haleine
Sur le terrain, les équipes départementales ont entamé un travail minutieux. Il faut d’abord dégager les embâcles, parfois massifs, puis évacuer les dépôts laissés par la crue. Vient ensuite le temps de l’inspection : certaines berges ont été fragilisées en profondeur et nécessitent une évaluation précise avant toute réouverture.
Enfin, la remise en état du chemin lui-même devra être engagée. Un chantier qui s’annonce conséquent. « On parle de plusieurs semaines de travaux », indique-t-on en coulisses, sans avancer de calendrier définitif.
D’ici là, les habitués devront prendre leur mal en patience. Et composer avec un paysage encore marqué par la violence de l’hiver, en attendant que le chemin de halage retrouve, peu à peu, son visage familier.


