L’univers de Tolkien débarque à Angers

Du 10 avril au 8 novembre, le musée Jean Lurçat accueille en son sein l’exposition « Aubusson tisse Tolkien ». Un prêt de la teinture Tolkien issu d’un partenariat avec la cité internationale de la tapisserie d’Aubusson, qui voit en miroir l’arrivée du « Chant du monde ».
« Angers continue de se placer sur la carte des capitales de l’art textile ». C’est par ces simples mots que Nicolas Dufetel, adjoint à la culture et au patrimoine de la ville d’Angers, résume parfaitement les tractations qui lient la cité du roi René à la sous-préfecture de la Creuse. Un partenariat avec la cité internationale de la tapisserie d’Aubusson qui voit la tapisserie « Le Chant du Monde » de Jean Lurçat quitter Angers pour la première fois depuis 1999 et son voyage à Takasaki. Un événement qui permettra aux Angevins de découvrir 16 tapisseries et deux tapis issus de l’univers de l’écrivain anglais J. R. R. Tolkien.
Un lien logique entre deux arts qui fonctionnent ensemble
« La tapisserie a toujours mis en image l’écrit » récapitule Nicolas Dufetel. Voir les écrits d’un des plus grands écrivains de fantasy transformés en art textile n’a donc rien d’étonnant. Le projet a vu le jour sous la houlette de deux organismes. En 2012, la cité internationale de la tapisserie d’Aubusson s’associe au Tolkien Estate pour un projet de taille né d’une volonté de la Cité de renouer avec les grandes tentures narratives.
En résulte la création de 14 tapisseries et de 2 tapis inspirés des écrits comme des illustrations de J. R. R. Tolkien, du Hobbit au Seigneur des Anneaux, du Silmarillion au conte Roverandom. « Tolkien a fourni toute la matière iconographique qu’il fallait pour les créer, elles ont donc été pensées dans une logique de fidélité proche de ses écrits » assure Luce Pintore, responsable des collections du musée Jean Lurçat. Il aura fallu 7 ans, entre 2017 et 2024, pour achever cette prouesse qui tend désormais les bras aux habitants d’Angers.
Rendre accessible une pratique millénaire
« Cette main tendue entre un art millénaire et des œuvres populaires prouve que la tapisserie n’a rien de poussiéreux » explique Nicolas Dufetel. La ville d’Angers souhaite mettre en avant les deux arts concernés et toucher le public le plus large possible, « faire se rencontrer ceux qui ne sont pas amenés à l’être au quotidien ». Pour ce faire, bon nombre de conférences, d’ateliers ou de stages textiles feront écho à l’exposition.
Sept longs mois durant lesquels c’est tout l’univers de Tolkien qui insufflera aux Angevins un air nouveau, différent, mythologique. Celui ci qui passera dans un premier temps par une découverte de la grande salle médiévale de l’ancien hôpital Saint-Jean sans « Le Chant du Monde » de Jean Lurçat. Une salle qui accueillera désormais une grande majorité des tapisseries qui composent l’exposition, complétée, dans le bâtiment du musée de la tapisserie contemporaine, du processus créatif derrière celle-ci. Des échantillons de teinture, de tissage et les grands dessins ayant permis la création des tapisseries formeront un tout qui servira un objectif explicatif sur leur réalisation.
Une exposition en plusieurs temps, dans de multiples lieux
Accessible au public dès le 10 avril, c’est le lendemain que le top départ sera véritablement donné. En plein Geekfest, avec lequel les musées d’Angers s’associent, aura lieu la soirée d’ouverture qui permettra pendant quatre heures de fêter l’arrivée de l’univers de Tolkien à Angers.
Si le gros de l’exposition se passe au musée Jean Lurçat, il faudra aussi compter sur la participation d’autres grands organes culturels de la ville comme le Muséum d’histoire naturelle qui apportera sa propre pierre à l’édifice avec son exposition Voyage en Terre du Milieu. « Nous avons souhaité renouer avec les expositions temporaires », explique Thomas Rouillard, responsables des collections botaniques et paléobotaniques au Muséum, « L’idée c’était aussi de garder un esprit critique et de proposer deux lectures sur les objets que nous exposerons. ».
Une biodiversité imaginaire, issue de l’univers du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, qui survivra un temps au départ de la tenture Tolkien, sa clôture étant actée pour mai 2027.
L’exposition « Aubusson tisse Tolkien » est ouverte du 10 avril au 8 novembre 2026 au musée Jean Lurçat de la tapisserie contemporaine. Le retour du « Chant du Monde » dans la cité angevine est prévu juste après le départ de la tenture Tolkien, avec une réouverture au public annoncée pour le 1er décembre.


