Un trésor gallo-romain adjugé 176.700 € aux enchères à Angers

Un pan discret de l’histoire antique a refait surface… sur les bancs d’une salle des ventes angevine. Le 1er avril 2026, huit lots issus d’un trésor d’orfèvrerie gallo-romaine découvert à Reims en 1900 ont été dispersés par la maison Ivoire Angers (Deloys), pour un montant total de 176.700 €.
Un trésor rare longtemps resté dans le privé
C’est un ensemble exceptionnel qui était proposé aux enchères. Conservé jusqu’ici en mains privées et transmis de génération en génération, ce trésor figurait parmi les rares collections de ce type encore détenues par des particuliers.
Découvert en mai 1900 par des ouvriers, enfoui dans un puits gallo-romain à une dizaine de mètres de profondeur à Reims, l’ensemble remonte à la seconde moitié du IIIe siècle après J.-C. Il se distingue par son homogénéité, caractéristique de l’argenterie romaine retrouvée en Gaule.
Des enchères qui s’envolent
Dans la salle, les enchérisseurs ne s’y sont pas trompés. Chaque lot a suscité une vive compétition, dépassant largement les estimations initiales.
Une coupe circulaire, estimée à 2.500 €, a ainsi atteint la somme spectaculaire de 49.600 €. Les deux autres coupes ont également affolé les compteurs, adjugées respectivement à 40.300 € et 34.720 €.
Au total, les huit lots ont trouvé preneur pour 176.700 €, confirmant l’intérêt croissant pour ce type de pièces archéologiques rares.
Un patrimoine scientifique reconnu
Ce trésor n’est pas inconnu des spécialistes. Il avait fait l’objet d’une réétude dans les années 1980, avant d’être présenté au public lors d’expositions majeures en 1989, notamment au Musée du Luxembourg à Paris et au Musée de la Civilisation gallo-romaine à Lyon.
À la différence des trésors monétaires, relativement fréquents, les ensembles constitués de vaisselle en argent sont extrêmement rares, ce qui explique l’engouement observé lors de cette vente.
Des pièces qui restent en France
Bonne nouvelle pour les amateurs de patrimoine : l’ensemble des pièces adjugées restera sur le territoire français. Un soulagement pour les historiens comme pour les institutions, soucieuses de préserver ces témoins précieux de l’Antiquité gallo-romaine.


