Pays de la Loire : une démographie portée par les arrivées, malgré un solde naturel en berne

C’est un paradoxe qui confirme une singularité régionale. En 2025, les Pays de la Loire affichent une stabilité des naissances, une exception en France métropolitaine, tout en voyant leur solde naturel continuer de se dégrader. Une photographie contrastée d’un territoire toujours attractif, mais confronté au vieillissement de sa population, indique l’INSEE
Une région qui gagne des habitants
Au 1er janvier 2026, la population des Pays de la Loire est estimée à 3 965 000 habitants, en hausse de 6,1 % depuis 2016, selon les dernières données de l’Insee. Une progression nettement supérieure à la moyenne nationale (+3,7 %), qui place la région dans le peloton de tête des territoires dynamiques, aux côtés des façades atlantique et méditerranéenne.
Dans le détail, cette croissance repose principalement sur l’attractivité des départements littoraux. La Loire-Atlantique et la Vendée enregistrent les plus fortes hausses, avec respectivement +10,3 % et +8,9 % en dix ans. Le Maine-et-Loire suit, mais plus modestement (+4,0 %). À l’inverse, la Mayenne (-1,3 %) et la Sarthe (-0,4 %) perdent des habitants.
Un dynamisme démographique qui repose avant tout sur les mobilités : les arrivées dans la région sont plus nombreuses que les départs, compensant un solde naturel désormais négatif.
Le solde naturel continue de se creuser
C’est l’un des enseignements majeurs de ce bilan 2025. Pour la troisième année consécutive, les décès sont plus nombreux que les naissances dans la région. Le solde naturel atteint –2 600 habitants, contre –1 900 en 2024.
Une tendance de fond, amorcée dès les années 2010, qui s’est inversée en 2022. Depuis, la croissance démographique repose exclusivement sur l’excédent migratoire.
Seule la Loire-Atlantique parvient encore à maintenir un solde naturel positif, avec 2 000 naissances de plus que de décès. Partout ailleurs, la situation se dégrade : le Maine-et-Loire bascule pour la première fois dans le négatif, tandis que la Vendée (-3 200), la Sarthe (-800) et la Mayenne (-500) accusent des déficits marqués.
Une stabilité des naissances… unique en France
Dans ce contexte, un chiffre interpelle : 35 400 bébés sont nés en 2025, soit exactement autant qu’en 2024. Les Pays de la Loire deviennent ainsi la seule région métropolitaine où les naissances ne reculent pas cette année.
Une stabilité qui s’explique par un équilibre fragile entre deux tendances opposées. D’un côté, la fécondité poursuit son recul, avec un indicateur conjoncturel de fécondité de 1,59 enfant par femme (contre 1,60 en 2024). De l’autre, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans augmente légèrement (+0,7 %), soutenant mécaniquement le nombre de naissances.
Les dynamiques diffèrent selon les territoires. En Loire-Atlantique, la hausse conjointe de la fécondité et du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants entraîne une progression des naissances. À l’inverse, en Mayenne, les deux indicateurs reculent, accentuant la baisse des naissances. Ailleurs, la situation reste globalement stable.
Des décès en hausse, effet du vieillissement
En parallèle, la mortalité continue d’augmenter. En 2025, 38 000 décès ont été enregistrés dans la région, soit 700 de plus qu’en 2024. Une hausse conjoncturelle, liée notamment à une épidémie de grippe marquée en début d’année, avec un pic à plus de 4 000 décès en janvier.
Mais la tendance est surtout structurelle. Le vieillissement de la population s’accélère, porté par l’arrivée aux âges élevés des générations du baby-boom. Symbole de ce basculement : en 2025, les Pays de la Loire comptent désormais plus de personnes âgées de 65 ans ou plus que de jeunes de moins de 20 ans.
Une attractivité qui compense… pour combien de temps ?
Malgré un solde naturel négatif et une population vieillissante, les Pays de la Loire continuent donc de gagner des habitants grâce à leur attractivité. Un moteur démographique essentiel, mais qui interroge à long terme.
Car si les tendances actuelles se poursuivent — baisse de la fécondité, hausse des décès —, la croissance régionale dépendra de plus en plus des flux migratoires. Un équilibre fragile, qui pourrait redessiner en profondeur le visage démographique du territoire dans les années à venir.


