
La lutte contre les fraudes s’intensifie dans les Pays de la Loire. En 2025, l’Assurance Maladie a détecté et stoppé 22,8 millions d’euros de fraudes dans la région, un chiffre en forte progression. Sur quatre ans, ce montant a bondi de 134 %, illustrant à la fois l’efficacité des dispositifs de contrôle et la montée en puissance de fraudes de plus en plus sophistiquées et structurées.
À l’échelle nationale, 723 millions d’euros de fraudes ont été identifiés et stoppés en 2025, soit une hausse de 15 % en un an. Dans la région, le Maine-et-Loire concentre à lui seul 4,7 millions d’euros détectés, confirmant le poids du territoire dans ce bilan.
Une progression continue sur les 4 dernières années, un poids significatif en 2025 des nouveaux schémas de fraudes
Sur les 22,8 millions d’euros détectés en Pays de la Loire, près de la moitié, soit 11 millions d’euros, a été stoppée avant même d’être versée, grâce à des contrôles en amont. Les 11,8 millions restants ont été identifiés après paiement et correspondent à des indus.
Les situations de fraude sont multiples. Celles commises par les assurés représentent près de 40 % des dossiers et 27 % des montants, soit environ 6 millions d’euros. Elles concernent notamment les arrêts de travail, les droits ouverts de manière irrégulière, les rentes liées aux accidents du travail et maladies professionnelles, ainsi que les pensions d’invalidité.
En parallèle, les professionnels de santé libéraux concentrent près de la moitié des montants fraudés, pour un peu plus d’un dossier sur cinq. Certains secteurs se distinguent par des montants particulièrement élevés, notamment les audioprothésistes, les centres de santé et les transporteurs sanitaires, illustrant des pratiques parfois massives et structurées.
Prévention et sécurisation du système de santé renforcés face à la sophistication des fraudes
Dans un contexte marqué par une professionnalisation croissante des fraudeurs, l’Assurance Maladie des Pays de la Loire renforce ses moyens humains et techniques. Plus de 60 agents spécialisés, aux profils variés, sont mobilisés dans la région, avec l’appui récent des pôles interrégionaux d’enquêteurs judiciaires.
La stratégie repose de plus en plus sur la prévention. En 2025, près de 11 millions d’euros de fraudes ont ainsi été évités grâce à des dispositifs agissant en amont. Sur le champ des arrêts de travail, la transmission dématérialisée et sécurisée via le téléservice e-AAT limite les risques de falsification, tandis que les formulaires papier ont été sécurisés.
Dans le domaine du médicament, la même logique prévaut. Le déploiement de l’ordonnance numérique permet de fiabiliser les prescriptions, complété par des ordonnances sécurisées pour certains produits sensibles. Par ailleurs, un dispositif de signalement en temps réel permet aux pharmaciens de remonter les ordonnances suspectes, renforçant la vigilance à chaque étape du parcours de soins.
Des fraudes en mutation, qui appellent vigilance, adaptation et responsabilité de chacun
Les schémas de fraude évoluent rapidement, avec des réseaux plus organisés et des mécanismes plus complexes. Cette transformation impose une adaptation constante des méthodes de contrôle et une vigilance accrue de l’ensemble des acteurs.
Pour l’Assurance Maladie, la lutte contre la fraude dépasse la seule dimension financière. Elle touche au principe même du système solidaire, fondé sur la contribution de chacun selon ses moyens et l’accès aux soins selon ses besoins. Dans ce contexte, les autorités rappellent que la pérennité du système de protection sociale repose aussi sur une responsabilité collective face à ces dérives.


