Perte de contact, cavité inconnue et appels au secours : le procureur détaille la mort de deux plongeurs militaires à Angers

Dans la nuit du 4 au 5 mai 2026, un accident de plongée dramatique s’est produit dans la Maine, à Angers, au niveau du pont de la Basse-Chaîne. Deux militaires en fin de formation de plongeurs de combat sont décédés, a indiqué le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet.
Un exercice encadré qui bascule
Les victimes sont le sergent Bin Chen, 30 ans, et le caporal-chef Axel Deplanche, 24 ans. Ils composaient le dernier des quatre binômes engagés dans une mission comprenant trois exercices successifs.
Chaque binôme évoluait sous la surveillance d’une embarcation de sécurité, avec à son bord un pilote et un moniteur plongeur. La liaison avec les plongeurs était assurée notamment par une bouée en surface.
« Les militaires plongeaient par binôme, chacun restant en lien avec une embarcation », a précisé le procureur Frédéric Teillet.
Une disparition brutale sous l’eau
Au cours du dernier exercice, l’embarcation de sécurité a perdu le contact avec les deux plongeurs. La bouée, censée signaler leur activité, est restée immobile.
« Les militaires présents dans l’embarcation ont constaté qu’ils ne répondaient plus. La bouée ne bougeait plus et des appels au secours auraient été entendus », a détaillé le magistrat.
Le moniteur plongeur a immédiatement engagé des recherches et a découvert une cavité immergée dont l’existence était jusque-là inconnue des équipes.
Retrouvés dans une cavité à six mètres de profondeur
Les secours ont été mobilisés sans délai. Les sapeurs-pompiers ont finalement localisé les deux plongeurs inconscients dans cette cavité, à environ six mètres de profondeur.
« Les corps ont été découverts dans une cavité qui n’était pas identifiée auparavant », a indiqué Frédéric Teillet.
Transportées au Centre hospitalier universitaire d’Angers, les deux victimes n’ont pas pu être réanimées malgré l’intervention du SAMU.
Une enquête judiciaire ouverte
Le parquet d’Angers s’est dessaisi au profit de celui de Rennes, juridiction spécialisée en matière militaire. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte et confiée à la brigade des recherches d’Angers.
« Les autopsies seront réalisées dans les prochains jours. Les matériels ont été saisis et feront l’objet d’expertises », a précisé le procureur.
Le matériel de plongée, contrôlé en août 2025 conformément aux obligations, figure parmi les éléments examinés.
Des conditions de plongée particulièrement risquées
Une nouvelle plongée doit être organisée afin d’explorer plus précisément le site de l’accident.
« Les cavités sous-marines peuvent présenter des dangers importants, notamment en raison des courants, des appels d’air et d’une visibilité très réduite, de l’ordre de quelques centimètres », a rappelé Frédéric Teillet.
L’enquête devra désormais déterminer les circonstances exactes de ce drame survenu lors d’un exercice pourtant encadré.


