Après Michelin, Cholet veut accélérer la reconquête de l’emploi

Un an après l’annonce de la fermeture du site Michelin de Cholet, le temps presse. Ce mardi 6 mai, autour de la table de la sous-préfecture, élus locaux, représentants économiques et services de l’État ont affiché le même constat : la machine est lancée, mais elle ne tourne pas encore assez vite.
L’objectif reste immense : faire émerger 947 emplois durables sur le bassin choletais dans les trois ans grâce à la convention de revitalisation signée entre l’État et Michelin Développement en mai 2025.
Pour tenter de changer de braquet, le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, avait convoqué un comité de pilotage anticipé. Et à l’arrivée, plusieurs décisions importantes ont été prises pour élargir le dispositif et attirer davantage d’entreprises.
172 emplois annoncés… mais encore loin du compte
Sur le papier, les premiers résultats existent déjà. À ce jour, 172 créations d’emplois ont été validées avec des entreprises du territoire. Mais ces recrutements doivent encore devenir réalité dans les mois et années qui viennent.
En coulisses, beaucoup reconnaissent que le rythme actuel ne suffira pas à compenser rapidement le choc provoqué par la fermeture de Michelin.
« La dynamique est là, mais on sent bien qu’il faut maintenant passer à la vitesse supérieure », glisse un acteur économique présent lors de la réunion.
Car derrière les chiffres, c’est tout un territoire qui cherche à rebondir. Depuis l’annonce de la fermeture du site, les élus locaux redoutent un effet domino sur l’emploi et l’activité industrielle autour de Cholet.
Le dispositif s’ouvre bien au-delà de Cholet
Pour donner plus d’ampleur à la relance, l’État a décidé d’élargir la zone concernée par les aides. Jusqu’ici centrée autour de Cholet Agglomération et des Mauges, la convention va désormais s’étendre jusqu’à Saumur, au Bocage bressuirais, à Montaigu, Mortagne-sur-Sèvre ou encore aux Herbiers.
L’idée est simple : aller chercher davantage de projets d’entreprises capables d’embaucher rapidement.
Autre changement très attendu par les entrepreneurs : une même société pourra désormais recevoir des aides jusqu’à dix emplois créés, contre cinq auparavant. Une façon de rendre le dispositif plus attractif pour les PME industrielles qui souhaitent grandir.
Agroalimentaire, artisanat : de nouveaux secteurs dans la boucle
Le comité de pilotage a aussi choisi d’ouvrir les portes à de nouveaux secteurs. L’agroalimentaire, certaines activités agricoles de transformation, l’artisanat productif ou encore les entreprises de services à l’industrie pourront désormais prétendre aux financements.
Une évolution loin d’être anodine dans un territoire où beaucoup d’emplois gravitent justement autour de ces activités.
« Il fallait coller davantage à la réalité économique locale », résume un élu choletais.
Ces nouvelles règles entreront en vigueur dès le 11 mai.
Une course contre la montre
Dotée de 6,8 millions d’euros, la convention de revitalisation constitue aujourd’hui l’un des principaux outils pour amortir l’impact économique de la fermeture Michelin. En parallèle, le reclassement des salariés se poursuit et l’avenir du site industriel reste lui aussi en discussion.
Mais pour les acteurs locaux, le véritable enjeu est désormais de transformer rapidement les promesses en embauches concrètes.
À Cholet, chacun sait que les prochains mois seront décisifs.


