Ce mardi 19 mai 2026, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, orchestre un déplacement hautement stratégique dans la Manche. Au cœur de cette visite ministérielle : l’avenir de la défense nationale, les enjeux cruciaux de recrutement et le déploiement de la nouvelle loi de programmation militaire.

Immersion dans le secret des sous-marins nucléaires
Un mois après un premier rendez-vous manqué, le représentant du gouvernement a acté son retour sur le territoire normand. La matinée a débuté par une séquence forte au cœur des chantiers de Naval Group à Cherbourg-en-Cotentin, fleuron industriel de la défense française.
Le ministre s’est rendu au chevet du chantier de construction d’un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque (SNA). Cette déambulation technique intervient alors qu’un autre bâtiment de pointe, le De Grasse, réalise actuellement ses phases d’essais en mer. L’objectif pour l’exécutif est d’afficher son soutien total aux grands intégrateurs industriels qui portent l’excellence technologique et militaire du pays.
Le ruissellement des commandes publiques au menu des patrons
Le volet économique et politique s’est prolongé à la mi-journée lors d’un déjeuner de travail organisé au siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Autour de la table, le ministre a réuni les dirigeants des grands groupes mais aussi le tissu dense des PME et entreprises sous-traitantes locales.
Le calendrier de ce déplacement ne doit rien au hasard : l’Assemblée nationale doit précisément voter ce mardi l’actualisation de la loi de programmation militaire, qui injectera 36 milliards d’euros supplémentaires pour le secteur de la défense d’ici 2030, portant l’enveloppe globale à 449 milliards. Sébastien Martin est venu garantir aux acteurs de terrain que cette manne financière profitera directement à l’écosystème local. Il a également mis sur la table le plan de soutien de 300 millions d’euros fléché vers les industries mixtes (civiles et militaires), tout en abordant les dossiers sensibles liés aux défaillances d’entreprises.
Le défi de la formation face à la pénurie de bras
D’après Tendance Ouest, la seconde partie de la journée est dédiée à l’enjeu capital des compétences et des ressources humaines. Le ministre s’est rendu dans les locaux de la Haute école de formation soudage (Hefaïs) pour échanger de manière directe avec les apprentis et futurs professionnels du secteur.
Le gouvernement cherche à braquer les projecteurs sur ces filières techniques alors que l’industrie française fait face à un mur des investissements et des recrutements. Selon les données de la Direction générale de l’Armement, pas moins de 60 000 postes restent actuellement vacants dans l’industrie hexagonale, dont 10 000 ciblés uniquement sur les métiers de la défense. Un défi que l’exécutif espère relever en valorisant l’apprentissage et l’attractivité de ces carrières d’avenir.


