Exercice « nombreuses victimes » à Jean Vilar : la prise en charge des familles au cœur de la simulation de crise

Ce jeudi 21 mai 2026, le complexe sportif Jean Vilar à Angers a été le théâtre d’un exercice « nombreuses victimes » (NOVI) simulant une collision entre un tramway et un bus scolaire. Coordonnée par la préfecture de Maine-et-Loire, cette simulation de crise a mis l’accent sur un défi de taille : la gestion et le soutien des familles.
Le scénario catastrophe
Le coup d’envoi de la simulation a été donné dès 8h30. Le scénario est dramatique : un accident violent se produit entre un tramway et un car scolaire transportant 59 personnes. Très vite, les secours se déploient sur le parking en face de la piscine Jean-Vilar, où les sapeurs-pompiers installent leur poste de commandement. À quelques mètres, sous une tente dédiée au Point de rassemblement des victimes (PRV), un premier tri est effectué pour évaluer l’état de gravité de chacun, notifié par la pose de bracelets spécifiques.
Les impliqués sont ensuite dirigés vers le Centre d’accueil des impliqués (CAI), aménagé dans l’une des salles du complexe sportif avec la présence notable de la Croix-Rouge. Là, les équipes médico-sociales recensent l’identité des passagers et évaluent leurs besoins physiques ou psychologiques avant de formaliser leur sortie. À la mi-journée, le bilan fictif est lourd : un décès, cinq blessés graves et cinquante blessés légers.
« On a essayé de challenger les équipes »
Au total, près de 200 personnes ont été mobilisées : le SDIS de Maine-et-Loire, le Procureur de la République d’Angers, le SAMU, l’ARS, les associations agréées de sécurité civile, la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP), France Victimes, la DSDEN, ainsi que des élèves de l’EPIDE dans le rôle des victimes.
Venu superviser l’opération, le préfet du département, François Pesneau, a rappelé les enjeux de ce test : « Le but est d’observer les points forts et les points faibles des équipes pour améliorer la prise en charge lors de futures situations réelles. À travers ce scénario, on a essayé de challenger les équipes de secours. » Un défi accentué par la présence en nombre des familles, provoquant de multiples appels et la saturation volontaire de la ligne verte préfectorale, obligeant les autorités à basculer sur des canaux de communication alternatifs. « On se doit de vérifier des éléments clés comme l’annonce aux familles ou le suivi de l’enquête judiciaire. Pour rapporter des informations vérifiées aux proches, le conditionnel n’est pas permis », insiste Cyrille Lefeuvre, directeur de cabinet du préfet.
Le facteur parental, un élément fondamental de l’exercice
Intégrer activement l’entourage des victimes directes constituait la principale innovation de cette session annuelle. « Nous avons choisi d’impliquer de jeunes victimes dans l’accident. Cela induit forcément un facteur parental, une inquiétude légitime et une pression supplémentaire sur les équipes de secours », explique Cyrille Lefeuvre. Ce volet “familles” n’avait pas été traité depuis longtemps, mais était nécessaire, comme les retours de l’exercice d’Avrillé en septembre 2025 l’avaient souligné.
Pour l’occasion, un accueil distinct a été matérialisé à une autre entrée du gymnase. À l’intérieur, les vestiaires du gymnase ont été transformés en cellules d’écoute confidentielles animées par la CUMP 49 (les cellules d’urgence médico-psychologique). « Même si la proximité entre l’accueil des familles et l’accueil des impliqués a généré des contraintes d’espaces, ce sera rectifié dans une situation réelle », a assuré Cyrille Lefeuvre. Cette simulation grandeur nature permettra d’ajuster les rouages essentiels de la gestion de crise et des secours en Maine-et-Loire.
écrit par Aidan Bossard


