Le spectacle vivant à l’épreuve des coupes budgétaires en Pays de la Loire

Depuis 2024, la région Pays de la Loire a engagé des coupes budgétaires importantes dans le secteur culturel, sous l’égide de Christelle Morançais, présidente de la région. Résultat : le spectacle vivant en pâtit et les compagnies de théâtre se serrent la ceinture pour tenter tant bien que mal de survivre à ces restrictions.
Des programmations en chute libre
C’est en octobre 2024, que la présidente Christelle Morençais annonça réduire significativement les subventions à la culture, effectives dès novembre 2024, avec une baisse estimée entre 60 et 70%. Aux Ponts-de-Cé, la compagnie Spectabilis, installée dans le paysage culturel depuis 1998, a vu son nombre de représentations drastiquement diminuer sur l’année 2025.
Pour cause, leurs principaux programmateurs, les théâtres municipaux ou festivals organisés par des collectivités locales, ont eux aussi subi la diminution des aides de la région. De 110 à 140 dates par an, consolidées depuis 2015, la compagnie est alors arrivée au triste chiffre de 60 représentations en 2025.
Des vies impactées
Avant les coupes, les compagnies de théâtres de la région bénéficiaient de deux types d’aides : aide à la création et à l’export à l’international, et aide au fonctionnement. Du jour au lendemain, les compagnies ont vu les aides au fonctionnement disparaître, menaçant la survie de celles-ci.
Au sein de la compagnie pont-de-céaise, tous les artistes sont sous le régime de l’intermittence et doivent cumuler 507 heures de travail sur 12 mois pour renouveler leur régime. « Sur les trois dernières années, on a perdu l’équivalent de 1500 h par an, ce qui représente trois intermittences en moins » alerte Samuel d’Aboville, chargé de production et de diffusion pour la compagnie.
Derrière ces baisses d’heures il y a des salaires en moins, des familles en grande précarité alors que le salaire moyen intermittent est déjà plus bas que le salaire moyen français.
Les Arthurs : un modèle à part, mais pas épargné
À Angers, la compagnie Les Arthurs est à part dans le paysage culturel angevin, fonctionnant quasiment comme une compagnie privée. Il y a 33 ans, elle a fait le pari audacieux de monter son propre théâtre, « Le Théâtre de la comédie ». Sa spécificité : la compagnie choisit des pièces qui existent déjà pour les mettre en scène. Pari payant, puisque ce statut leur permet de ne plus demander de subventions à la création depuis plusieurs années. Elle bénéficie toutefois d’une aide au fonctionnement de la part de la Mairie d’Angers.
Malgré tout, la compagnie est elle aussi impactée par les coupes budgétaires instaurées dans la région « on ne monte plus de pièce avec plus de cinq personnages, cela représente trop de charges pour notre structure et on ne plus obtenir de subvention pour nous soutenir » rapporte Pascal Boursier, un des fondateurs de la compagnie.
L’avenir du spectacle vivant régional s’annonce de plus en plus tendu, alors qu’aucune piste de hausse budgétaire n’est envisagée pour le moment.
Flora Moron


